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Mort de l’éleveur de cabris de St-André : Jean-Valéry Soupou charge ses acolytes qui "savaient tout"

Troisième jour d'audience aux assises où sont jugés trois hommes accusés du vol avec violences ayant entrainé la mort de José Moucaye, fin 2019, et un quatrième pour recel. L'exact déroulé des faits est toujours aussi difficile à établir tant les versions des mis en cause divergent. Jean-Valéry Soupou, seul dans le box, les autres comparaissant libres, a livré un énième scénario en promettant aux jurés que cette fois-ci il ne mentait plus. Au passage, il a chargé ses deux complices, Eric Tandrayen et Sébastien Virapin.
Ecrit par Isabelle Serre – le vendredi 15 septembre 2023 à 21H27
José Moucaye a succombé lors d'un vol crapuleux à son domicile de St-André

À l'issue de cette troisième journée d'audience criminelle, ce qui s'est passé dans le huis clos de la case de José Moucaye, au fond d'une rue perpendiculaire au chemin Lefaguyés à St-André reste "un nœud gordien", comme l'a indiqué l'expert psychiatre qui s'est chargé de rendre ses conclusions au sujet de Jean-Valéry Soupou. Car lors de l'expertise, celui-ci avait clairement chargé Sébastien Virapin en expliquant que c'était lui qui avait donné des coups de clé à molette mortels sur le corps du malheureux éleveur de cabris.

Après trois jours de débats et les auditions de chaque accusé, impossible de dénouer ce nœud et de parvenir à déterminer avec certitude leurs responsabilités dans la mort du sexagénaire. Car l'écart entre leurs déclarations respectives, leurs emplois du temps et les constatations faites lors de l'enquête ne collent pas.

Eric Tendrayen qui comparaît libre indique à la cour qu'il n'était pas au courant du projet de vol fomenté par les autres et qu'il n'était pas présent sur place. Mais au fil des questions posées par le parquet général et les avocats des autres mis en cause qui pointent les contradictions de son récit, ses réponses deviennent de moins en moins audibles et le quadragénaire qui semblait si sûr de lui semble déstabilisé. À plusieurs reprises au cours de cette audition, Jean-Valéry Soupou, seul détenu dans cette affaire, gigote dans tous les sens dans le box ou se lève brutalement, bras croisés, torse bombé, afin de montrer son désaccord. "Vous dites que vous êtes analphabète mais c'est vous le stratège dans cette histoire", tacle Me Georges-André Hoarau, avocat de la famille Moucaye. Tout comme Me Marie Briot, avocate de Sébastien Virapin, le bâtonnier ne manque pas une occasion de rappeler qu'Eric Tendrayen est attendu dans deux mois devant les assises dans une autre affaire criminelle.

Vers 17 heures, coup de théatre. Jean-Valéry Soupou déclare qu'il a menti tout au long de l'instruction ainsi que lors de la reconstitution. Il reconnaît avoir bu de l'alcool et consommé du rivotril avant d'aller fouiller la case de José Moucaye dans laquelle il a trouvé de l'argent ainsi qu'un fusil dans une des chambres. Dans celle d'à côté, se trouvait la victime qui l'aurait étranglé. "Je lui ai donné deux coups de poing avant de m'enfuir par les champs de canne où j'ai dissimulé le fusil", détaille le détenu affirmant qu'à son départ, José Moucaye était toujours vivant. "Virapin il était là, Tendrayen aussi. Les gars, vous êtes mes complices. Moi je dis la vérité, maintenant, assumez votre responsabilité". 

Lundi, le procès reprend avec les plaidories et les réquisitions avant que les jurés ne se forgent leur intime conviction. Sébastien Virapin, Eric Tandrayen et Jean-Valéry Soupou-Sidambarom encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Etiquettes : Assises

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