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Mort de Dimitri Saugrin : Son assassin présumé et son cousin rejugés devant la cour d'assises

Condamné à 30 ans de réclusion en juin 2022 pour le meurtre de Dimitri Saugrin, Florent Pomeng est rejugé en appel à partir de ce lundi tout comme son cousin, John Fruteau de Laclos, acquitté des faits d'assassinat qui lui étaient reprochés. Lors d'une demande de remise en liberté, quelques mois plus tard, celui que l'on surnomme "Le Parisien" avait promis qu'il allait dire toute la vérité lors de son second passage dans le box des accusés de la cour d'assises.
Ecrit par Isabelle Serre – le lundi 8 avril 2024 à 17H25

Le 6 mai 2019, en milieu de matinée, Dimitri Saugrin était abattu devant le domicile de ses parents au coeur de la Cité Cotur, au Port. Florent Pomeng, dit « Le Parisien », venait de tirer deux coups de pistolet sur le trentenaire qu’il connaissait bien. Dettes impayées dans le cadre d’un trafic de drogue ou dettes de jeu, les raisons qui l’ont poussé à surgir d’une voiture et abattre le Portois étaient incertaines lors de sa mise en examen pour assassinat, le lendemain du drame.

À l’époque, il avait déclaré assumer pleinement son geste, un geste de défense pour protéger son cousin, John Fruteau de Laclos, qui aurait été menacé par Dimitri Saugrin avec un couteau. Tout juste sorti de prison, ce dernier aurait voulu reprendre sa place dans un trafic lucratif de stupéfiants dont Fruteau était vraisemblablement à la tête. Mais face à son refus, Saugrin aurait menacé de tout balancer.

Le jour des faits, Florent Pomeng a assuré avoir agi en légitime défense après que son adversaire l’a menacé avec un couteau qu’il portait dans sa sacoche. Ce que ses acolytes présents sur les lieux n’avaient pas confirmé dans un premier temps. Mais au fil de l’instruction, comme si elles s’étaient accordées, les versions ont évolué sur cet élément déterminant de l’affaire.

Jugés en juin 2022 devant la cour d’assises, les deux cousins encouraient la perpétuité. Mais seul Florent Pomeng a été condamné pour le crime sans préméditation à 30 ans de réclusion criminelle. Lors de ses réquisitions, l’avocate générale s’était pourtant évertuée à prouver qu’il y avait eu co-action dans le meurtre du jeune Portois. Elle avait notamment rappelé aux jurés que "deux hommes ont décidé d’en tuer un autre alors qu’ils veulent nous faire croire que ce qui est arrivé est le fruit du hasard. Si tel était le cas, Dimitri Saugrin serait toujours là ».

L’arme de calibre 7,65 utilisée trois fois à bout portant par le tireur n'avait laissé aucune chance à la victime, "une scène de mise à mort sur la voie publique", avait déclaré le parquet général. 30 ans et 20 ans de réclusion criminelle avaient été respectivement requis à l'encontre de Florent Pomeng et John Fruteau de Laclos. Ce dernier avait été acquitté des faits d'assassinat et condamné à 3 ans de prison pour « violence avec arme », des faits délictuels. Son cousin avait donc seul assumé toute la charge, les faits ayant été cependant considérés sans préméditation.

Immédiatement, Florent Pomeng avait annoncé son souhait d'être à nouveau jugé devant la cour d'assises. Lors d'une demande de remise en liberté devant la chambre de l'instruction en septembre 2023 , il avait, dans la confusion, indiqué: « Ils sont tous dehors et moi je suis dedans. Mais ça va pas se passer comme ça, je vais tout balancer. Moi j’étais pas dans ce trafic de stupéfiants ».

Ce lundi s'est ouvert le second procès des deux accusés. Le verdict devrait tomber ce mercredi.

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