Meurtre de Jean-Laurent Pothin : "Sans moi, on n’aurait pas retrouvé le corps"

Mise en examen dans l’enquête sur le meurtre de Jean-Laurent Pothin en 2021 à Sainte-Anne, la jeune femme qui a révélé les faits en garde à vue s’est justifiée sur son silence pendant quatre ans. Et a obtenu sa remise en liberté.
Elle est celle qui a fait basculer l’enquête sur la disparition de Jean-Laurent Pothin, le 19 novembre 2021 à Sainte-Anne. Interpellée mercredi 8 octobre, N.S., 26 ans, a fini par avouer aux gendarmes avoir assisté au meurtre du Bénédictin avec lequel elle avait passé la soirée en compagnie de deux autres hommes dont le principal suspect.
Détention requise pour recel de cadavre
C’est elle aussi qui a conduit les militaires sur les lieux où elle aurait participé à la tentative de faire disparaître le corps de la victime, sur une falaise proche de la rivière de l’Est.
Présentée vendredi 10 octobre au juge d’instruction en charge de l’enquête, la jeune femme a été mise en examen pour « recel de cadavre » et « abstention d’empêcher un crime. » Mais alors que le parquet et le juge d’instruction avaient demandé son placement en détention provisoire, comme pour le principal suspect, la jeune femme est revenue sur son rôle dans cette affaire sordide. Et a expliqué devant le juge des libertés les raisons pour lesquelles elle a gardé le secret pendant près de quatre ans.
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"Il menaçait de tuer ma fille"
« J’ai été forcée. Jamais je n’ai voulu être complice. Mais j’étais menacée par lui » explique-t-elle pour justifier son silence, y compris lorsque les gendarmes sont venus l’interroger une première fois. « Il menaçait de s’en prendre à ma famille, de tuer ma fille » assure la mise en examen. « Il a menacé de couper sa fille en morceaux et de la mettre dans un sac », appuie son avocat Me Fabian Gorce, « étonné » que la détention soit requise pour sa cliente.
"Faire rendre justice"
« Sans moi, on n’aurait pas retrouvé le corps à Sainte-Rose », insiste la jeune femme. « Je voulais faire rendre justice » assure-t-elle encore.
Pour le parquet, son placement en détention était nécessaire à l’enquête, « alors que demeurent des questions sur le déroulement du passage à l’acte », et que la suspecte « a dissimulé les faits pendant quatre ans. »
"Victime massacrée"
« Oui, elle a tergiversé, mais elle a été mise sous pression pour déplacer le corps par cet homme violent, qui l’a ensuite menacée. Et quand on sait comment la victime a été massacrée, on comprend qu’elle ait eu peur » plaide Me Gorce. Qui souligne encore que « ce sont ses déclarations spontanées qui ont permis de retrouver le corps et faire progresser l’enquête. »
Des arguments qui ont convaincu le juge de libérer la jeune femme sous contrôle judiciaire, avec obligation de pointer à la gendarmerie tous les quinze jours et interdiction d’entrer en contact avec les autres protagonistes de l’affaire.
« Cela fait quatre ans qu'elle portait ce poids, aujourd'hui elle est soulagée, et j'espère que la justice lui dira merci », a conclu Me Gorce.


