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Comment la disparition de Jean-Laurent Pothin à Sainte-Anne a pris une tournure criminelle quatre ans après

Ecrit par S. G. avec E. L. – le vendredi 10 octobre 2025 à 19H59
Quatre ans après sa disparition, le corps de Jean-Laurent Pothin aurait été découvert dans une falaise proche de la rivière de l'Est.

Disparu en novembre 2021, Jean-Laurent Pothin est désormais considéré comme la victime d’un crime alors que son corps a été retrouvé jeudi 9 octobre dans une falaise proche de la rivière de l’Est. Malgré ses dénégations, l’homme soupçonné du meurtre a été écroué.

Quatre longues années. C’est le temps qu’il a fallu aux gendarmes de la compagnie de Saint-Benoît pour élucider le mystère de la disparition de Jean-Laurent Pothin, 42 ans, à Sainte-Anne.  

Information pour meurtre et recel de cadavre

Une disparition désormais considérée par la justice comme la conséquence d’un meurtre, pour lequel un suspect et deux complices présumés ont été mis en examen vendredi 10 octobre dans le cadre d’une information judiciaire pour homicide volontaire, modification d’une scène de crime, recel de cadavre et abstention d'empêcher un crime.

Lire aussi : Un homme écroué, suspecté d'avoir tué Jean-Laurent Pothin, disparu il y a 4 ans

Habitant l’écart des Orangers à Sainte-Anne, Jean-Laurent Pothin n’avait plus donné signe de vie à sa famille depuis la fin du mois de novembre 2021. Le solide gaillard d’1,82 m, qui avait travaillé dans la sécurité puis comme couvreur, était désœuvré depuis une dizaine des années et avait ses habitudes du côté du Bassin Bleu, de la Poste ou du centre-ville de Saint-Benoît, comme l’avaient expliqué ses proches dans un avis de recherche diffusé par radio Freedom en décembre 2021.

Rumeurs autour d'une soirée arrosée

Malgré les recherches, le quadragénaire demeurait introuvable. Les dernières personnes à l’avoir vu en vie, un groupe d’amis avec lesquels il avait l’habitude de consommer de l’alcool, étaient incapables de dire ce qu’il était advenu de lui après une soirée arrosée le 19 novembre.

La maison où le drame se serait joué la nuit du 19 novembre 2021

Mais la rumeur a fini par enfler, au point qu’il y a quelques semaines, les gendarmes se retrouvent destinataires d’informations selon lesquelles l’homme pourrait avoir été tué au cours de cette fameuse soirée. Des interceptions téléphoniques étaient alors mises en place auprès des différents protagonistes.

Jusqu’à ce rebondissement du mercredi 8 octobre annoncé par Réunion la 1ere, avec l’interpellation au petit matin d’une jeune femme de 26 ans, bientôt suivie de celle d’un homme de 54 ans, puis d’un troisième suspect jeudi.

La femme passe aux aveux

Interrogée par les gendarmes, la jeune femme finissait par passer aux aveux : Jean-Laurent Pothin a bien été tué au cours de cette soirée passée à quatre : elle-même, la victime et deux autres hommes dont celui qu’elle désigne comme le meurtrier. Un certain Jean-Willy G., qui travaille dans le BTP et habite lui aussi Sainte-Anne.

L’homme « nie farouchement les faits », rappelle son avocat Me Jean-Christophe Molière. Pourtant, la jeune femme qui a fini par « soulager sa conscience » persiste. Elle va même conduire les gendarmes vers l’endroit où elle a accompagné le suspect pour se débarrasser du corps.

Des ossements dans la falaise

Jeudi 9 octobre, c’est bien sur ses indications que les militaires du PGHM, descendus en rappel dans une falaise de la Rivière de l’Est, découvrent des ossements humains retenus par des branchages. Si des analyses doivent encore le prouver scientifiquement, tout porte à croire qu’ils appartiennent bien au Bénédictin disparu quatre ans plus tôt. Et dont la dépouille a été déplacée sur près de 8 kilomètres avant d'être jetée dans le vide.

Selon les déclarations de la jeune femme, corroborées par l’autre témoin chez qui les faits se seraient déroulés, une dispute aurait éclaté la nuit du 19 novembre, déclenchant la colère de Jean-Willy G.

"Violences extrêmes"

Le quinquagénaire, décrit comme « bagarreur » malgré un casier judiciaire vierge, se serait alors livré à « des violences extrêmes » au cours d’une scène « aussi longue que choquante » dira la procureure. Il aurait alors décidé de faire disparaître le corps et de modifier la scène de crime « en la nettoyant à l’eau de javel. » Des faits dont le suspect se serait même « vanté » à plusieurs reprises dans son entourage.

Secret gardé "par peur" du suspect

Car si ce terrible secret a pu être gardé aussi longtemps, c’est par « la peur » qu’inspirait aux deux autres protagonistes le principal suspect, désormais mis en examen pour meurtre et écroué. La jeune femme, mise en examen pour les délits de « recel de cadavre » et « abstention d’empêcher un crime », de même que le troisième suspect, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire malgré les réquisitions du parquet de Saint-Denis qui voulait également leur placement provisoire. Une demande qui avait « étonné » Me Fabian Gorce, l'avocat ayant obtenu la libération de la jeune femme, « alors qu'elle a fait des déclarations spontanées ayant permis la découverte du corps. »

Si le voile est en partie levé désormais sur la mystérieuse disparition de Jean-Laurent Pothin, les investigations vont encore se poursuivre sous commission rogatoire afin d’établir le scénario précis du drame et les responsabilités de chacun des mis en cause.

Etiquettes : Jean-Laurent Pothin

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