Meurtre de Jean-Laurent Pothin à Sainte-Anne : le principal suspect conteste sa détention

Devant la chambre de l'instruction ce mardi 24 mars, Jean-Willy G., principal suspect dans le meurtre de Jean-Laurent Pothin, a contesté la décision du juge des libertés et de la détention quant à son placement en détention provisoire.
Souvenez-vous, leur interpellation avait fait l'effet d'une bombe : en octobre 2025, trois personnes étaient interpellées dans le cadre de la disparition d'un bénédictin, survenue quatre ans auparavant. De nouveaux éléments avaient permis aux gendarmes de faire la lumière sur cette disparition, transformant le dossier en faits criminels.
Grâce aux aveux d'une jeune femme, qui affirmait que son compagnon, Jean-Willy G., avait tué Jean-Laurent Pothin et qu'elle avait aidé à cacher le corps à l'issue d'une violente dispute, le Bénédictin de 55 ans avait été placé en détention provisoire dans l'attente que l'enquête se poursuive.
Demande de remise en liberté
C'est donc six mois après avoir été placé en détention que Jean-Willy G. et son avocat plaident pour sa remise en liberté devant la chambre de l'instruction. Après un rappel succinct des faits, le président laisse la parole au ministère public. Ce dernier s'oppose à cette libération en rappelant les éléments qui ont conduit à l'interpellation du Bénédictin.
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D'abord, le contexte particulier de ce crime : ce n'est que quatre ans après que l'on a découvert ce qui s'est passé. Mis en cause par deux témoins, Jean-Willy G. pourrait, en cas de libération, faire pression sur eux. Le ministère public rappelle que l'homme est décrit comme quelqu'un de violent, avec une tendance à se balader équipé d'une arme blanche ou d'un fusil.
Par ailleurs, l'accusation s'inquiète du fait que le mis en cause pourrait à nouveau tenter de se débarrasser de certains éléments. En effet, l'instruction suit son cours et de nombreuses zones d'ombre restent à éclaircir.

"On a érigé des rumeurs en vérité"
L'avocat de Jean-Willy G., Maître Jean-Christophe Molière, appuie cette demande de remise en liberté en mettant en avant plusieurs arguments : il rappelle que, depuis le départ, son client conteste fermement les faits qui lui sont reprochés. Selon lui, l'information judiciaire évolue dans le sens de son client et la seule chose qui met en cause son client sont des témoignages. "On a érigé des rumeurs en vérité", déclare-t-il à la chambre de l'instruction.
Témoignages qui, d'après la robe noire, sont par ailleurs incohérents. Il prend pour exemple le nettoyage de la scène de crime, dont les deux personnes disant avoir aidé Jean-Willy G. ne s'accordent pas. L'avocat pointe du doigt la jeune femme à l'origine des dénonciations comme véritable protagoniste principale du dossier. Placée sous surveillance téléphonique, elle se serait vantée de pouvoir "faire disparaître" n'importe qui.
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Par ailleurs, Me Jean-Christophe Molière évoque deux autres éléments : un courrier anonyme adressé au parquet de Saint-Denis dans lequel Jean-Willy G. ne serait pas mis en cause, et les auditions de garde à vue de la jeune femme, qui change de version "trois ou quatre fois".
S'appuyant sur ces nombreux éléments et rappelant que rien de matériel ne vient lier Jean-Willy G. à ce meurtre, son avocat demande le même régime que les deux autres co-accusés, à savoir un placement sous contrôle judiciaire.
La chambre de l'instruction doit statuer le 31 mars.


