Meurtre de Jean-Laurent Pothin à Sainte-Anne : la jalousie comme mobile du crime ?

Ouverte quatre ans après sa disparition, la piste criminelle suggère désormais que Jean-Laurent Pothin aurait été tué avec un couteau par Jean-Willy G. à Saint-Anne, au cours d’une crise de jalousie au sujet de la jeune femme avec qui ils passaient la soirée.
Le 8 octobre dernier, l’enquête sur la disparition de Jean-Laurent Pothin, un Bénédictin de 42 ans n’ayant plus donné signe de vie depuis le 19 novembre 2021, connaissait un rebondissement inattendu. Forts de nouvelles informations, les gendarmes interpellaient trois personnes soupçonnées de son meurtre, et retrouvaient le cadavre du disparu dans une falaise bordant la rivière de l’Est.
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Il se serait "vanté d'avoir égorgé la victime"
Si un seul des trois suspects, Jean-Willy G., 54 ans, a été écroué pour un homicide qu’il conteste farouchement, les deux autres, un homme et une femme qui étaient présents le soir du drame, ont bénéficié d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire. Décision dont le parquet a fait appel, estimant que les deux suspects, mis en examen pour abstention d’empêcher un crime et, pour la femme, recel de cadavre, avaient « dissimulé la vérité pendant quatre ans » et que « rien ne dit qu’il n’y a pas eu un arrangement » entre les trois protagonistes.
Toujours est-il que le scénario de la mort de Jean-Laurent Pothin a commencé à se dessiner ces dernières semaines, après que le principal suspect s’est « vanté au cours d’une altercation d’avoir égorgé la victime et balancé son corps dans la rivière », note l’avocat général qui a requis mardi 28 octobre le placement en détention du deuxième homme mis en examen.
Reproches sur "sa façon de regarder la jeune femme"
C’est chez lui, à Sainte-Anne, que le drame se serait joué la nuit du 19 novembre 2021, au cours d’une soirée alcoolisée à laquelle participaient Jean-Laurent Pothin, Jean-Willy G. et N.S., la femme de 26 ans qui semble avoir été la source du conflit. En effet, selon les éléments recueillis par l’enquête « Jean-Willy G. aurait reproché à Jean-Laurent Pothin sa façon de regarder la jeune femme », qu’il semblait considérer comme sa compagne. Une crise de jalousie que semblent corroborer d’autres témoignages au dossier, évoquant l’existence d’un doute sur l’identité du géniteur de l’enfant de la jeune femme.
S’en serait alors suivi un déchaînement de violence, Jean-Willy G., solide ouvrier du bâtiment, « s’acharnant » sur la victime à l’aide d’un couteau. Des blessures à l’arme blanche que l’examen du corps, retrouvé à l'état d'ossements, n’a pas permis d’établir de façon certaine.
Un drap pour transporter le corps
Il est alors reproché à l’hôte de la soirée d’avoir fourni le drap ayant servi à transporter le cadavre de Jean-Laurent Pothin dans le coffre d’une voiture, ainsi que l’eau et la javel utilisées pour « nettoyer la scène de crime. » Ce frêle quinquagénaire a justifié sa participation à la modification de la scène survenue à son domicile par « la peur » que lui inspirait le meurtrier présumé de Jean-Laurent Pothin. Des déclarations constantes, et « un rôle passif » selon son avocate, qui ont convaincu la chambre de l’instruction de le maintenir sous contrôle judiciaire plutôt que de l’envoyer en détention.
Révélations capitales
Toujours d’après les déclarations de cet homme, Jean-Willy G. serait ensuite parti avec la jeune femme pour se débarrasser du corps. Bien que cette dernière affirme être restée dans la voiture pendant que le principal suspect jetait la dépouille de Jean-Laurent Pothin dans une falaise de la rivière de l’Est, c’est bien sur ses indications que le corps a été retrouvé.
Des révélations capitales pour la progression des investigations, qui avaient valu à la jeune femme d’être libérée sous contrôle judiciaire à l’issue d’un débat devant le juge des libertés, alors que le juge d'instruction et le procureur avaient demandé son placement en détention provisoire. L’appel du parquet concernant cette décision sera prochainement examiné devant la cour.


