Mayotte : 168 familles de clandestins chassées de leur logement

Mayotte connait depuis quelques semaines une grave crise, ce qui lui vaut de plus en plus les honneurs de la presse nationale.
Les plus alarmistes disent que l'ile aux Parfums est au bord de la guerre civile, les plus réalistes se contentent de constater que la délinquance, souvent le fait de clandestins, bat tous les records tout en étant de plus en plus violente.
Les Mahorais semblent ne plus vouloir supporter l'apathie de l'Etat français qui semble s'accommoder du fait que plus d'une personne sur deux vivant à Mayotte soit un clandestin sans papier.
Ajoutez à cela, ce qui semble avoir été le déclencheur de la crise actuelle, que ces immigrés clandestins s'installent souvent sans aucun titre de propriété sur des propriétés appartenant à des Mahorais pour y construire les bidonvilles qui leur servent de "logements" et vous avez les principaux ingrédients de la crise actuelle.
Devant l'apathie des représentants de l'Etat, des villageois ont décidé de prendre les choses en main et de chasser les immigrés, essentiellement des Comoriens, des terres qu'ils occupent illégalement dans des opérations appelées "décasages". Et une fois partis, de détruire leurs bangas (cases traditionnelles mahoraises), en fait la plupart du temps d'infâmes bidonvilles faits de bric et de broc.
Chassés de leurs habitations, les clandestins (et quelques Comoriens en situation régulière pris au passage dans l'opération) prennent la direction de Mamoutzou, et plus particulièrement de la place de la République où ils sont regroupés. Là, la police de l'Air et des Frontières contrôlent leurs papiers et mettent dans un bateau en direction des Comores ceux qui sont effectivement en situation irrégulière. Ce qui déplait fortement à plusieurs associations de défense des Droits de l'Homme.
La journée d'aujourd'hui a de nouveau été marquée par plusieurs opérations de décasage, essentiellement dans le sud de Grande Terre, et ont touché plusieurs centaines d'habitants.
Selon [le Journal de Mayotte]urlblank:http://lejournaldemayotte.com/societe/des-dizaines-de-nouvelles-familles-chassees-de-leur-logement/ , les premières ont été constatées très tôt ce dimanche matin à Chirongui où entre 30 et 50 familles ont été délogées et chassées alors mêmes qu'elles habitaient sur un terrain qui leur était loué par un Mahorais. Quatre minibus les ont convoyées vers Mamoudzou. Dans le village, entre 20 et 30 bangas ont été détruits, les tôles arrachées.
Mais toujours selon le journal, c’est dans le village d’Ouangani que les décasages ont été les plus nombreux. Entre 100 et 130 familles, de 3 ou 4 membres chacune, ont été chassées du village.
D'autres décasages auraient également eu lieu à Bandrélé, où deux familles ont été délogées, et à Mtsamoudou où deux bangas inoccupés ont été détruits.
Enfin, à Chiconi, des villageois ont fait le tour des cases de clandestins pour les avertir qu'ils seront chassés le week-end prochain. Ce que voyant, au moins une dizaine de personnes auraient quitté préventivement le village dans la journée.
Au total, selon Le Journal de Mayotte, ce sont 168 familles, soit plus de 500 personnes, dont souvent des enfants en bas âge, qui ont été expulsées et ont pris la direction de la capitale en bus. Sur ces 168 familles, 48 étaient en situation régulière. En fait, toutes n'arriveront pas à Mamoutzou. Les forces de l'ordre avaient en effet mis en place des contrôles sur le trajet, et nous dit Le Journal de Mayotte, "toutes les personnes en situation irrégulière (sont parties) pour le centre de rétention administrative, avant un retour vers les Comores".
Les associations de soutien aux personnes délogées seront reçues par le préfet demain lundi. Elles appellent également à un rassemblement pacifique place de la République, ce lundi à partir de 9 heures.


