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?Mari violent à en faire vomir son enfant : « Je suis pas un méchant »

Deuxième jour de procès pour l’homme accusé de tentative de meurtre et viol sur sa femme le 21 mars 2019. Après des années de violences physiques et psychologiques, il a été condamné à 18 ans de réclusion par la cour d’Assises.

Ecrit par SH – le samedi 20 mars 2021 à 10H03

« Je suis pas un méchant », n’a-t-il cessé de répéter alors qu’il était entendu devant la cour d’Assises ce vendredi, au deuxième jour de procès pour tentative de meurtre sur sa femme. A.V avoue difficilement certaines violences physiques et le fait de « parler fort » mais aucun viol ni coup de masse, comme ce qui lui est reproché cette fois-ci. 
 
Car l’accusé a déjà été condamné à deux reprises, en 2012 et en mars 2017 pour des violences sur la même victime, la femme avec qui il partageait sa vie depuis 2007. En 2010, elle donne naissance à leur fils; ce dernier sera témoin de toutes les scènes de violences, y compris un viol, selon sa mère, dans un parking de Saint-Pierre en juillet 2017. « Maman était nue et il voulait la mettre dans la mer », raconte l’enfant aux gendarmes.
 
« Papa va tuer maman », affirme-t-il aux enquêteurs le 22 mars 2019. La veille, il a vu son père entrer chez sa mère et lui asséner plusieurs coups de masse à la tête et au visage. Il sortira de la maison en courant pour demander de l’aide à une automobiliste – manquant de peu de se faire percuter puis vomissant dans la rue ; la victime parviendra quant à elle à se libérer de son agresseur, qui prendra la fuite. 
 
« Si j’étais violent comme elle dit, pourquoi elle est restée avec moi ? »
 
La victime explique être restée par amour et pour que son fils « ait un père ». L’auteur affirme avoir tout fait pour n’apporter « que du bonheur » à sa famille : « Si j’étais violent comme elle dit, pourquoi elle est restée avec moi ? J’essaye de comprendre. Je suis pas un méchant, je suis pas un tueur. Peut-être que c’est arrivé comme ça mais c’était pas pour la tuer ». C’est ce qu’il exprime de lui-même ; pour le reste, les réponses aux questions de la présidente, de l’avocat général et des avocats viennent très difficilement, revenant presque comme parler à un enfant. Et les versions varient.

Son avocat, Me Bruno Raffi, semble surpris lorsque son client, pour la première fois, évoque la légitime défense et un coup de poing accidentel, le jour de l’attaque avec la masse. C’est sa femme qui aurait jeté la masse de 4,5 kilos sur son mari. Pour les blessures sur la tête de la victime, il n’a pas d’explication. Et les déclarations du fils proviendraient de l’influence de sa mère. Le sang, il déclare n’en avoir pas vu alors qu’il y en avait « partout » comme l’affirme l’avocat général. « Vous-vous perdez dans vos différentes déclarations », fait-il remarquer d’ailleurs.
 
Mais l’avocat de la défense, Me Bruno Raffi, lors de sa plaidoirie, n’a pris en compte ni la personnalité ni le comportement de son client. Il relève le doute sur la culpabilité de A.V à la fois pour les faits de viol et ceux de tentative de meurtre. Les déclarations du fils ne suffiraient pas à prouver le viol de 2017 et concernant l’attaque avec la masse de 2019, « l’intention n’a pas été prouvée ».

Si sa femme était sous son emprise, quel intérêt de la tuer ? « Si elle n’avait pas envie, il serait revenu le lendemain, comme d’habitude ». Grand, fort et pratiquant les arts martiaux, il aurait pu la tuer qu’avec ses mains, pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? « Si son intention était de la tuer, il s’en est mal pris. Il n’y a eu aucun traumatisme crânien ni enfoncement de la boîte crânienne ». L’avocat a donc demandé l’acquittement concernant le viol et une requalification de l’accusation de « tentative de meurtre » en « violences aggravées en récidive ».
 
« Sa seule faute a été de tenter de lui pardonner à plusieurs reprises »
 
L’avocat général a quant à lui requis 18 ans de réclusion criminelle ainsi qu’un retrait de l’autorité parentale. Pour lui, la masse qu’il avait dans son sac au moment d’entrer dans la maison était là pour faire davantage de dégâts que ses mains. « S’il l’avait sur lui, ce n’était pas pour faire une caresse ». Il rappelle également que la rupture est malheureusement « souvent le moment où il y a des violences car le mâle perd le contrôle ».
 
Me Amel Khlifi-Ethève, avocate de la victime, rappelle la souffrance du petit garçon et la personnalité de cette femme « fragile et crédule » qui « comme beaucoup, a dû faire face au parcours du combattant ». « Car quand on porte plainte, on doit répéter les mêmes choses intimes encore et encore », explique-t-elle. De cette mère de petit garçon traumatisé qui grandit difficilement, l’avocate dit : « Sa seule faute a été de tenter de lui pardonner à plusieurs reprises ». 

 

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