Madagascar : Trois morts de plus hier...

Marc Ravalomanana a frappé fort mercredi. En empêchant les partisans de son opposant Andry Rajoelina de manifester, il le désarme et le met sur la touche, car sa force réside dans les actions populaires sur le terrain. "Il n’y aura pas de place pour l’anarchie" a affirmé le président, soucieux du regard des émissaires de l’Union Africaine présents pour juger de sa crédibilité quelques mois avant le Sommet prévu pour le mois de juillet.
"La journée de mercredi fut très mouvementée" déclare un habitant d’Antananarivo. Il y a eu un mort et plusieurs blessés dans des affrontements entre l'armée et les manifestants. Des coups de feu ont retentis dans de nombreux quartiers, caillassage de voitures, feux de pneus, barrages ; ça ressemble à une mini guerre civile. Des experts anti-émeutes étrangers a priori Sud Africains ou Israéliens seraient arrivés pour encadrer les militaires malgaches. Le sommet est la consécration du président Marc Ravalomanana, et tout le monde sait que le président y tient comme à la prunelle de ses yeux. On peut imaginer que la partie adverse va continuer la lutte afin que ce sommet n'ait pas lieu, histoire de l'humilier".
Pour confirmer ces propos, on apprenait que de nouveaux affrontements sont également survenus à Ambositra (environ 200 km au sud de la capitale) après que Marc Ravalomanana ait sensiblement renforcé les forces de l'ordre, en leur donnant l'ordre de mettre fin à des manifestations qui agitaient la ville depuis plusieurs jours. L'affrontement entre la police et les manifestants a mal tourné, faisant deux morts au moment de la dispersion.


