M. Benard, à chacun son métier

En la personne de M. Benard une grande voix s'élève !
Enfin, la conscience est apparue sous forme humaine !
Non, il n'est pas en mal de pub. Il le dit lui même : "je suis déjà une vedette".
Deux ans après, tout d'un coup le voilà qui se réveille pour secouer ces Jeanfoutre de politiciens ou de syndicalistes qui ne pensent pas comme lui. Et qui, à ses dires, semblent se désintéresser de la situation de 300 familles (que M. Bénard n'oublie pas qu'il y a 8 jours M. junot en affirmait 700 pour arriver à 200 pour enfin se fixer à 300).
Sait-il de quoi il parle ? Connaît-il le dossier ? Assurément, non ! Mais il a vu de la lumière (celle des projecteurs des cameras de télé). Et il a décidé que sa place était devant ces projecteurs.
Le voilà ferraillant, gesticulant, donnant de la voix, affutant sa plume. N'est il pas un écrivain, un intellectuel ? Un de ceux qui se réclament de la grande famille des donneurs de leçons. Nous voilà béats d'admiration ! La fine fourchette devient fine lame et elle est prête à se priver pour mener un combat dont elle ne connait ni les tenants ni les aboutissants.
Un peu dérisoire ce comportement. On peut déjà suggérer à M. Benard de s'engager à verser ses nombreux droits d'auteur à la veuve et à l'orphelin. Ce serait terriblement plus concret et plus utile et plus engageant. Cela me rappelle ce chanteur, exilé fiscal, qui donnait un concert pour les Restos du Cœur. Moi, j'aurai préféré qu’il paie ses impôts en France afin que la solidarité par l'impôt soit plus effective.
M. Bénard, ce dossier de l'ARAST est d'une réelle simplicité même si des situations humaines sont très délicates. C'est l'histoire d'une entreprise sous forme associative, indépendante, avec un conseil d’administration, des dirigeants bien payés. C'est l'histoire d'un organisme qui menait grand train de vie et qui était incapable d'équilibrer ses comptes malgré les 30 millions d'euros de budget annuel que lui consacrait le Conseil général sans compter les millions de subventions d'équilibre que lui avait octroyé le Conseil général pour boucher ses trous.
C'est l'histoire d'un organisme à qui le principal financeur avait dit, écrit, et réécrit " si vous ne mettez pas de l'ordre et ne faites pas un plan d’économies, on ne vous suivra plus ". Et plus gravement, c'est l'histoire de dirigeants qui disaient "si vous ne suivez plus notre gabegie vous aurez à répondre de 1200 licenciés qui viendront devant vos grilles".
Et bien ce qui devait arriver arriva. La prophétie s’est concrétisée : des élus responsables des deniers publics et voulant gérer cet argent en bon père de famille ont arrêté - ce qui dans le droit privé aurait été qualifié pénalement de soutien abusif - de verser d'une manière qui aurait été condamnable des subventions à fonds perdus à une entreprise incapable de se redresser.
Le Tribunal de Commerce ne s'y est pas trompé puisqu'il a prononcé la liquidation judiciaire !
Par contre , l'organisme créé par la loi et financé par des cotisations et dont le rôle est de payer les indemnités de licenciement et autres aux licenciés déjà frappés par le sort, je parle des AGS, a décidé qu'il n'avait pas à verser ces indemnités au motif extrêmement pervers que ces 1200 licenciés doivent être embauchés par le Conseil général et que comme il y a une continuité des contrats de travail, ils n'avaient pas à verser d'indemnités !
Le vrai scandale est là M. Benard et si vous avez un minimum d'objectivité peut être pourriez vous admettre qu'il s'agit là d'un argument fallacieux de la part des AGS. Savez-vous qu’en métropole tous les organismes qui ont eu ce genre de difficultés et qui ont fermé ont vu leurs salaries indemnisés par les AGS?
Le Conseil général n'a pas le droit de verser la moindre indemnité quand bien même il le voudrait ! Pour sortir de l'argent public en matière d'indemnisation, il faut une décision de justice. De ce fait, les ex salariés ont été obligés d'aller en contentieux.
Le Conseil des prud'hommes de Saint Denis a condamné les AGS pour quelques 700 plaignants et celui de Saint-Pierre, le Conseil General pour plus de 200. Ces plaignants ont été indemnisés. Ces jugements sont frappés d’appel, avec le risque que certains plaignants soient obligés de rembourser les sommes perçues. Il y aurait aussi 200 ou 300 eux qui n'ont aucun jugement d’indemnisation, car semble t’il, ils n'ont pas saisi la Justice.
L'aveuglement des AGS, leur mauvaise foi et les engagements très politiques et partisans de certains ex Arast ont fait le reste. Que veut M. Junot exactement à part de crisper la situation et jouer jusqu'au boutiste ? Il n'était pas mandaté par les Saint Pierrois, défendus par la CFDT. Les 200 ou 300 qui n'ont pas de jugement ne semblent pas l'avoir mandaté et quand bien même il faudrait alors qu'il s'active dans les couloirs du Conseil de prud'hommes.
Décidément tout cela est incompréhensible sauf si on est dans la manipulation politique.
Apportez une touche de bon sens à tout cela M. Benard , ne rentrez pas dedans avec des jugements péremptoires et des partis pris. Vous feriez œuvre utile à raisonner tout le monde et à proposer des solutions pacifiques.
Clément Courtois


