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L'UPR lance un avis de recherche européen d'une France souveraine

La France ne pourra pas régler ses problèmes si elle ne retrouve pas sa souveraineté. Sortir du carcan européen et de la coupe des Etats-Unis demeure le slogan invariable de l’Union Populaire Républicaine depuis 17 ans. Son délégué départemental Florian Binet s’est lancé, à travers cette élection européenne, dans sa toute première campagne électorale dont il nous partage ses impressions dans l'interview vidéo qui suit. François Asselineau ne s’était pas trompé en avril dernier en cochant La Réunion comme seul déplacement ultra-marin à son agenda, les électeurs réunionnais sont ceux qui ont le plus plébiscité le candidat à la dernière élection il y a 5 ans. Ce chiffre de 2,78% sera-t-il conforté voire amplifié ce dimanche ?
Ecrit par Ludovic Grondin – le mardi 4 juin 2024 à 06H05

Façon Nigel Farage

Et si la sortie de l’Union européenne passait non pas par un « grand soir » mais par de petites avancées. C’est en s'inspirant du modèle britannique exploré avec succès par l'ancien euro-député Nigel Farage que l’UPR espère faire émerger l’idée qu’un Frexit est à son tour possible, idée que le Rassemblement national a préféré abandonner faute de séduire significativement l’électorat.

A défaut de pouvoir véritablement changer la donne au niveau européen en un seul mandat - et François Asselineau avait eu le mérite de ne pas mentir sur cet aspect - le président de l’Union Populaire Républicaine espère surtout que son élection viendra lui donner la visibilité médiatique dont souffre tant le parti qu'il a fondé en 2007.

 

 

Placé en 13ème position sur la liste des Européennes, Florian Binet, fonctionnaire de Police à la retraite, ne peut raisonnablement pas espérer siéger à Strasbourg à moins d’un exploit retentissant mais l’intéressé pense collectif en maintenant vivace, de façon convenue, le discours d’une "énorme surprise" le dimanche 9 juin. Une surprise qui "voudrait dire que les Français ont enfin ouvert les yeux" en prenant leurs distances des autres partis qui "parlent tous le même langage".

"Aujourd’hui en France il y a un parti unique, avec son aile gauche LFI, son aile droite le Rassemblement national et au milieu tout le reste : Modem, PS, LR, Reconquête etc. Ils veulent rester dans l’Union européenne, ils veulent rester dans l’Euro, ils veulent rester dans l’OTAN et sont pour les sanctions russes", tente-il de marquer la différence

Make France great again

Invariable. Les années passent et le discours de François Asselineau n’a que peu varié sur le triptyque que constitue une sortie de l’UE, de la monnaie unique et de l’OTAN.

"En aucun cas on doit être les vassaux des Etats-Unis et c’est ce qui se passe en ce moment sur le plan économique mais également militaire avec l’OTAN", avise Florian Binet. "On ne se rend pas compte à quel point la France est ruinée. La France a 3000 milliards de dette, soit 46.000 euros sur la tête de chaque Français. Les instances supranationales ont pris le dessus sur nos dirigeants et sont en train de nous ruiner", reprend-il à son compte le discours rodé de l’UPR.

« L’occident est en train de mourir »

Si le remède à appliquer est différent, l’UPR partage tout de même quelques constats avec d’autres partis politiques concernant le déclin supposé des pays occidentaux. "Nous sommes aujourd’hui à une bascule des pôles. Le vieil occident est en train de mourir, emmené par les Etats-Unis vers des guerres de rapine pour s’approprier les richesses des autres pays, des guerres qui ne sont pas les nôtres", lance Florian Binet tout en faisant le parallèle avec les pays du BRICS qui ont "pris le dessus à tous les niveaux."

"Le PIB du G7 était à 59% dans les années 80, il n’est plus que de 29% alors que les BRICS sont à 49%. Il en est de même pour les réserves énergétiques puisque nous avons les pays occidentaux qui n’ont pratiquement plus rien - hormis le Canada - alors que les BRICS ont cinq fois plus de réserve énergétique", dresse-t-il un schéma rapide de cette montée en puissance des pays émergents. Il ne s'agit pas pour autant d'une vision de défiance vis-à-vis de ces pays puisque "l’intérêt de la France, selon l’UPR, est de "se tourner vers les BRICS pour pouvoir regarder vers l’avenir" sans pour autant en être tributaires. "Nous n’avons que des partenaires et nous voulons travailler avec tous les pays du monde", explique-t-il la démarche prônée par le parti souverainiste.

Un autre modèle de PAC

L’une des politiques historiques de l’Union européenne brasse des milliards d’euros, lesquels sont ventilés dans l’ensemble des pays européens et la France en bénéficie grandement, si l'on met de côté évidemment le fait que la France donne plus qu'elle reçoit de l'Europe. Si l’injection de milliards a permis de rendre le continent auto-suffisant pour de nombreux produits agricoles, un chiffre détone dans ce décor idéalisé présenté comme "la" grande réussite de l'UE. Le nombre d’exploitations a chuté, un tiers des agriculteurs vivent sous le seuil de pauvreté et douze agriculteurs se suicident en moyenne par mois.

"C’est surtout l’agro-business qui est favorisé par cette politique agricole commune", fait remarquer Florian Binet. Une réalité dessinée là aussi "par les traités, et notamment les articles 38 et 39 du Traité de fonctionnement de l’UE, qui nous parlent que de productivité. On ne nous parle pas de la protection des exploitations familiales en milieu rural, on ne parle pas de la qualité gustative dans nos assiettes, on ne parle pas de développer le bio, on ne parle pas du bien-être animal. On ne parle que de productivité, de rentabilité !", affirme-t-il en n’oubliant pas de conclure cette litanie de critiques par un brin d’ironie.

"La PAC est tellement formidable que, depuis 1960 où nous avions 2,8 millions d’exploitations agricoles en France - essentiellement bien sûr familiales -, il ne nous en reste plus que 380.000", présente-t-il ce constat des effets délétères de la PAC sur lesquels l’UPR espère bien influer avec d’autres députés euro-sceptiques. Par petites touches.

Asselineau trop scolaire ?

C'est le terme employé par un observateur de l'UPR après le passage de la tête de liste UPR à La Réunion au mois d'avril, ce qui ne signifie pas qu'il s'agisse d'un point de vue partagé par la majorité. Mais la question mérite d'être posée : le parcours politique de François Asselineau peut-il être freiné par, finalement, sa grande culture des traités, constitutions et faits historiques au point de rendre son programme inaudible ? Florian Binet estime, au contraire, que la phase de pédagogie demeure essentielle. "Il est vrai que les vidéos de François Asselineau sont assez longues mais il y a un tel travail d’éducation populaire à faire !" Selon lui, les Français ont été "plongés pendant des décennies dans des duels droite - gauche, gauche - droite" qui nous étaient présentés comme "des matches de boxe alors que ce c'était des matches de catch arrangés à l’avance", affirme-t-il.

"Prenons uniquement le chiffre de 3.000 milliards de dette, ajoute-t-il, "il y a plein de Français, plein de Réunionnais qui ne savent pas ça donc il faut l’expliquer. Il faut expliquer le piège des traités dans lequel nous sommes tombés. François Asselineau a pris son bâton de pèlerin pour expliquer aux Français, aux Réunionnais, ce qu’il se passe", conclut son représentant à La Réunion.

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