L’un des plus anciens détenus de France, un Réunionnais, en quête de liberté après 44 ans de prison

Jean-Paul Farlot, incarcéré depuis 44 ans au centre pénitentiaire du Port, pourrait bientôt retrouver la liberté. Son avocat plaide une suspension de peine pour raisons médicales, une décision inédite attendue le 24 avril prochain.
Condamné en 1980 à la réclusion criminelle à perpétuité pour meurtre avec acte de barbarie, Jean-Paul Farlot, aujourd’hui âgé de 66 ans, vit dans une solitude absolue au centre pénitentiaire du Port. Depuis son incarcération, il n’a jamais reçu de visite ni de courrier. Atteint de plusieurs pathologies, il survit dans un quotidien immuable, marqué par un état de santé en constante détérioration.
Son avocat, Me Étienne Noël, spécialisé en droit pénitentiaire, se bat depuis 2023 pour obtenir une suspension de peine pour raisons médicales. Le 27 février dernier, il a plaidé cette demande devant la chambre d’application des peines de la cour d’appel, espérant offrir à son client une issue après plus de quatre décennies d’enfermement.
Une vie en marge, avant et pendant la détention
Lorsqu’il est condamné à 21 ans, Jean-Paul Farlot est analphabète, n’a jamais été scolarisé et vit dans sa voiture. Il consomme beaucoup d’alcool et n’a jamais eu d’emploi stable. Une désocialisation qui s’est aggravée en prison : au début de sa détention, il présentait des signes d’instabilité, mais depuis plus de 20 ans, il ne pose plus aucun problème en détention. Selon les experts, il ne représente plus aucun danger, rapportent nos confrères du Parisien.
Désormais, son quotidien se limite à rester assis sur une chaise, face à la fenêtre, sans activité, écoutant la radio, fumant et buvant du café. Il ne sort même plus en promenade, après avoir été victime de racket. Ses seules interactions sont avec les surveillants pénitentiaires et les médecins.
Une santé mentale et physique qui se dégrade
Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté estime que Jean-Paul Farlot souffre de psychose carcérale depuis des années. Un médecin pénitentiaire a relevé une dégradation cognitive et psychiatrique inquiétante. Fin 2023, il a été hospitalisé en unité de soins intensifs psychiatriques pendant un mois, après la découverte de lésions neurologiques définitives.
C’est à la suite de cette hospitalisation qu’un aménagement de peine a été envisagé : un placement en famille d’accueil, avec un dispositif de médiation animale.
Un espoir juridique inédit
Me Étienne Noël mise sur cette remise en liberté pour raisons médicales, une procédure à laquelle le Service pénitentiaire d’insertion et de probation ne s’oppose pas. Toutefois, aucune suspension de peine pour raisons psychiatriques n’a encore été accordée en France.
La décision de la cour d’appel est attendue pour le 24 avril prochain. Si elle est favorable, Jean-Paul Farlot pourrait enfin quitter la prison après 44 ans d’incarcération.


