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Lieutenant-colonel Pothin : "Nous sommes partis pour plusieurs semaines au Maïdo"

La synthèse du colonel Paul Boucheron samedi dernier avait été on ne peut plus claire : si le périmètre d’incendie était contenu au bout de 24 heures, la mobilisation des soldats du feu se compterait en jours. Si ce n’était pas le cas, les pompiers devaient s’attendre à lutter pendant des semaines. On y est, malheureusement.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 9 novembre 2020 à 16H04

A J+3, la sémantique employée par le chef des opérations du SDIS bascule désormais dans le registre de la lutte au long cours. Le PC du SDIS installé sur le parking de la Messe de l'Ascension parle désormais d’une mobilisation sur "plusieurs semaines". Une raison à cela : la tête d’incendie qui mobilise la quasi totalité des moyens à cette heure est composée d’un sous-sol tapissé d’humus.

Le feu qui se propage dans cette fameuse "avoune", qui était déjà le carburant du feu du Maïdo en 2010 pendant 19 jours, est malheureusement difficilement repérable. La seule tactique à adopter est celle de noyer la zone. Contrairement à un feu apparent qui peut être attaqué de façon ciblée, cet incendie souterrain doit être combattu sur toute la longueur, la lisière de l’incendie. 

"Cette lisière, et notamment la tête que vous voyez (le lieutenant-colonel Pothin montre du doigt la planèze située au-dessus du parking de la Messe de l’Ascension), on met tous nos moyens aériens là-dessus. C’est la seule chose qu’on puisse faire actuellement, casser la tête de ce feu. Actuellement, la propagation du feu ne se fait plus. Par contre, il faudra engager du personnel à pied sur un relief difficile. Et surtout un gros travail de fôrestage avec réalisation de tranchées", avise-t-il. 

Les pompiers en embuscade sur la piste Bellon

Ce lundi matin, un léger vent de nord qui pousse le feu au sud-ouest a joué des tours aux soldats du feu qui ne méritaient vraiment pas d’être accablés à ce point, après trois jours déjà intenses. Et "aucune pluie" n’est attendue, ajoute Henri-Claude Pothin. Pire, un plafond nuageux était à craindre dans l’après-midi, avec le risque de clouer au sol les cinq hélicoptères civils réquisitionnés. 

"Sur la partie arrière de la falaise, il n’y a plus de point chaud visible, c’était l’une de nos principales craintes, que ça reparte vers le nord. La problématique c’est que là on engage nos reconnaissances de temps en temps en falaise mais compte tenu des nuages, c’est pas très visible. Dès qu’il y a une opportunité on essaye", ajoute le chef des opérations au troisième jour.

Le lieutenant-colonel décline la tactique du poste de commandement pour les prochaines heures. "Notre tactique d’intervention : premièrement matraquer la tête avec les moyens aériens. En parallèle, remonter la lisière qui est en face de nous, remonter cette lisière jusqu’à la route pour essayer d’enrayer la propagation qui va vers le sud-ouest et très prochainement essayer de mettre des hommes à pied pour pouvoir tirer des lignes là-dedans. Dans un deuxième temps, si on n’arrive pas à maîtriser la tête de feu, elle va se diriger vers la piste Bellon. Actuellement sur cette piste-là, on a des engins qui sont positionnés en bas et qui sont prêts à intervenir en cas de nécessité. Le feu est encore très loin de la piste Bellon. Mais compte tenu de la vitesse de propagation, et du risque d’augmentation du vent, la situation pourrait dégénérer à tout moment", prévient-il les autorités politique et préfectorale venues se rendre compte de l'étendue des dégâts. 

 

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