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L’excuse d’un chauffard de Salazie : « Ecraser les personnes, ce n’est pas moi dans mon état normal… »

Ecrit par Eric Lainé – le vendredi 28 novembre 2025 à 11H29

Ivre et sans permis, il roulait tombeau ouvert à la sortie des cours en plein Salazie. Un employé communal de 26 ans a été condamné à 20 mois de prison ferme. La seule excuse de ce récidiviste est qu’il se trouvait justement… en état d’ivresse.

Le 24 novembre dernier, des habitants de Salazie assistent à un incroyable rodéo dans les rues de la ville qui, par chance, ne fait pas de victime. L’homme au volant de sa Peugeot 206 est loin d’être inconnu dans le cirque comme de la justice.

Employé aux espaces verts de la commune, Cédric Moimbe, 26 ans, a d’autres états de service avec déjà sept mentions à son casier judiciaire dont deux remontent au mois de septembre dernier. L’une d’elle a débouché sur une peine de six mois de prison avec sursis probatoire, prise sous le discret régime de la CRPC. Le motif ? Conduite sans permis, sous alcool et refus d’obtempérer en prime.

A fond la caisse sur le parking de l’école et un rodéo à tombeau ouvert

Ce coup de semonce judiciaire n’a donc pas dissuadé le prévenu de récidiver avec force le 24 novembre. Ce jour-là, Cédric Moimbe roule à vive allure quand il déboule sur le parking d’une école primaire de Salazie. Deux passants s’écartent de justesse sans quoi ils auraient été percutés. Comme les victimes protestent, l’employé communal descend de sa 206 pour les insulter copieusement.

Des témoins alertent aussitôt les gendarmes en donnant la plaque d’immatriculation du chauffard. Une patrouille de gendarmerie le croise au moment où la sortie des classes bat son plein. Au lieu de s’arrêter, Cédric Moimbe se lance dans un rodéo à tombeau ouvert, grillant notamment un stop et n’hésitant pas à prendre une voie à contresens.

« J’avais beaucoup bu le matin, du rhum et de la bière »

Bloqué dans une impasse, il s’enfuit en courant pour échapper à ses poursuivants. Il se réfugie chez sa sœur où il se cache en se glissant sous son lit. Quand les gendarmes le rejoignent, il fait montre d’une remarquable agressivité. Ils sont contraints de faire usage de leur Pistolet à impulsion électrique (PIE) pour le maîtriser puis le placer en garde à vue. A jeun à la barre, Cédric Moimbe paraît doux comme un agneau. Il reconnaît les faits même si la mémoire lui fait défaut.

« Vous étiez alcoolisé et agressif. Que s’est-il passé ? », demande le président du tribunal judiciaire. « Je ne me souviens plus de rien. J’avais beaucoup bu le matin, du rhum et de la bière. » Quelle quantité ? « Je ne sais pas. » « Que va-t-on faire de vous ? », poursuit le président. « Je ne sais pas », ânonne-t-il. Par contre, le prévenu est sûr d’une chose : « Ecraser les personnes, ce n’est pas moi dans mon état normal. » Et de préciser : « Mais c’est possible que je l’aie fait. »

« Quand il est à jeun, il n’y a pas de problème, quand il boit, ça ne va plus… »

Le substitut du procureur note que le prévenu est « bien inséré mais un danger public en voiture », soulignant qu’il est « en récidive avec la totale ». Et que donc il n’a « rien compris ». Raison pour laquelle, elle requiert à son encontre deux ans de prison ferme et la révocation de la moitié d’un sursis resté au-dessus de sa tête.

Quelque peu fataliste, Me Catherine Moissonnier fait l’amer constat que font les proches des alcooliques anonymes : « Quand il est à jeun, il n’y a pas de problème, quand il boit, ça ne va plus… » L’avocate regrette que « personne n’ait cherché à démontrer quel était ce problème… » Le genre de mystère souvent difficile à percer.

« Il aurait pu tuer quelqu’un »

L’avocate souligne encore qu’il n’avait « plus de mentions à son casier depuis 2020 ». A l’exception de deux condamnations intervenues en septembre dernier. L’une à six mois de prison avec sursis pour des faits similaires, comme on le sait. Et l’autre à douze mois avec sursis pour vol et extorsion de fonds, nous apprend son conseil qui cherche à réduire le quantum du sursis probatoire que le ministère public souhaite faire révoquer. A savoir trois mois sur six plutôt que six mois sur douze, comme requis.

Avant de plaider en faveur d’un aménagement de peine, Me Moissonnier rappelle que des gens ne comprennent pas son geste devant l’école communale « alors qu’il aurait pu tuer quelqu’un ». Le tribunal judiciaire condamne finalement le prévenu à 18 mois de prison ferme et à la révocation de deux mois de sursis probatoire. Il a donc une peine de 20 mois de prison à purger.

Etiquettes : Salazie | Tribunal

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