Lettre ouverte du FSU Réunion à François Fillon

La FSU, dont le champ couvre l'ensemble des services publics considère qu'une telle saignée porterait gravement préjudice à la fragile cohésion sociale à laquelle les services publics contribuent dans notre pays et encore plus dans notre département où vous êtes actuellement en visite.
Selon l'INSEE : « Avec 343 000 personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté monétaire, la Réunion est un département hors norme. Il faut le comparer à des territoires deux à trois fois plus peuplés ou regrouper plusieurs départements de même taille pour retrouver un nombre de pauvres aussi élevé. L'absence d'emplois et des revenus d'activité insuffisants expliquent principalement cette situation. »
En effet, le taux de chômage y est extrêmement élevé (plus de 30%), le revenu médian est d'environ 9000 euros par an, près de la moitié des retraités sont au minimum vieillesse et l'illettrisme touche plus de 100 000 Réunionnais.
Se priver de 10 % d'agents, soit environ 7000 emplois publics à la Réunion (!) c'est vouloir d'abord aggraver le taux de chomage mais aussi vouloir moins de justice, d'éducation, de santé, de police, d'accompagnement des chômeurs, d'écologie, etc.… c'est-à-dire moins de tous les dispositifs publics qui s'efforcent de compenser les inégalités sociales et territoriales.
M. Fillon, êtes-vous de ceux qui pensent qu'il y a trop de fonctionnaires, qu'ils ne travaillent pas assez et sont trop bien rémunérés ? Si tel est le cas, comment expliquer alors l'important nombre de personnels précaires recrutés à la Réunion (80 % des effectifs dans la Fonction Publique Territoriale par exemple) pour faire face au manque de fonctionnaires titulaires ?
Ou alors pensez-vous, comme la FSU, que la Fonction Publique repose certes sur de l'argent public mais que là au moins cet argent est utilement dépensé ?


