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L’Etat tranche dans le vif en interdisant les couteaux « zombies » et les poings américains

Ecrit par E.L. – le mercredi 26 novembre 2025 à 14H36

Couteaux “zombies” mais aussi poings américains... Comme dans l'Hexagone, les Réunionnais sont invités à rendre toute une panoplie d'armes blanches aux forces de l'ordre d’ici le 7 décembre prochain. Revue de détail.

Tout est parti d'un rapport de la mission “Mineurs et armes blanches” rendu en juin dernier sous le gouvernement Bayrou et donc mis en œuvre sous celui de Sébastien Lecornu. Toujours est-il que la mission a débouché sur un sérieux lifting en matière de commerce, d'acquisition et de détention d'armes blanches. De facto, la liste de celles qui sont autorisées va subir une cure d'amaigrissement. 

Commerçants et armuriers vont devoir s’adapter. Par exemple, le site de cette armurerie lyonnaise, qui vantait ce matin encore “le poing américain” comme “une arme de défense au corps à corps redoutable”, précisant que “cette pièce en métal vient dans le prolongement des articulations osseuses de la main”, va devoir, comme beaucoup de ses confrères, revisiter très vite son catalogue. Fini l'argument choc qui disait que “cette arme possède un fort pouvoir de dissuasion si vous vous retrouvez en situation d’agression”,  tout en proposant une impressionnante série de variantes à la vente.

Date butoir fixée au 7 décembre et tolérance jusqu’à la fin de l’année

À partir du 7 décembre prochain, les poings américains postérieurs à l’année 1900 seront purement et simplement interdits de commerce, d'acquisition et même de détention. Autrement dit, ceux qui possèdent ces pièces de métal, dans lesquelles on enfile ses quatre doigts, de l'index à l'auriculaire, pour frapper plus fort en cas de corps à corps, vont devoir rendre les armes. Idem pour ceux qui détiennent des coups-de-poings-américains combinés à une arme à feu ou à une arme blanche, ou à impulsion électrique ou encore diffuseur d’aérosol.

Les poings américains ne sont pas seuls à entrer dans cette catégorie A1. Les couteaux à lame fixe parsemée de trous avec un côté tranchant et l'autre dentelé sont eux aussi prohibés. Tout comme les machettes et les hachettes du même acabit. « Pour faire simple et concret, nous parlons des couteaux « zombies ». Ce sont des lames qui sont parfois utilisées dans les agressions de personnes », explique le colonel Christophe Heurtebise, commandant en second du groupement de la gendarmerie pour l’océan Indien. Le but de ce renforcement de la règlementation est de limiter les violences exercées sous la menace d'une telle arme ou, pire encore, les passages à l'acte, en particulier quand les mineurs sont du côté du manche. Ce qui n'est malheureusement pas rare.

Jusqu’à 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende

Les Réunionnais en possession de ce type d'armes blanches sont donc invités à s'en défaire en se rendant assez vite dans une gendarmerie ou un commissariat de l'île. Comme ils le font d'ailleurs depuis plusieurs années avec les armes à feu. Au-delà de la date butoir du 7 décembre, celui ou celle qui conserverait à dessein une telle arme pourrait encourir en théorie jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende. « Comme dans toute règlementation, il y aura une tolérance jusqu’à la fin de l’année. A l’issue, nous ferons des contrôles dans les commerces et à certains endroits », avertissent à l’unisson le directeur de cabinet du préfet, Vincent Bernard-Lafoucrière, et le colonel Heurtebise.

Les armes blanches entrant dans la catégorie D voient aussi leur règlementation évoluer de manière restrictive avec un encadrement plus strict en matière commerciale. Ainsi, les professionnels autres que les armuriers, qui proposent ces armes à la vente, devront désormais détenir une autorisation préfectorale d'ouverture de leur commerce. Ce durcissement des textes concerne les couteaux “papillons” ou “balisongs” dont le manche se replie de part et d'autre de la lame.

Des sésames nécessaires pour les commerçants hors armureries

Même chose pour vendre des couteaux de chasse ou de pêche, ceux à cran d'arrêt à mécanisme d'ouverture automatique ou encore les fameuses “étoiles de Ninja” qui se projettent pour se ficher de préférence dans une cible tendre. Il est notamment indiqué que les commerçants disposant du précieux sésame devront veiller au grain en respectant les mesures de sécurité et d'affichage auprès du service armes de la préfecture. Naturellement, ce type d'armes est strictement interdit de vente aux mineurs.

« Afficher l’interdiction de vente aux mineurs »

« Les commerçants auront l’obligation de l’afficher. Cela fera aussi l’objet de contrôles de la part de la gendarmerie à compter de l’année prochaine », indique le colonel Heurtebise. Les enseignes et commerces concernés vont disposer d’un délai plus long pour se mettre en conformité avec une date butoir fixée au 7 mars 2026. Les professionnels qui ne seraient pas en conformité avec la nouvelle règlementation pourraient prétendre à écoper d’une peine de sept ans d’emprisonnement et de 100.000 euros d’amende.

Il n’est inutile de rappeler que seule une arme classée en catégorie D peut être achetée et détenue librement par des personnes majeures à condition qu’elles ne soient pas impactées par une interdiction prononcée par la justice. Cependant, le port et le transport d’une arme de catégorie D à l’extérieur de chez soi sont interdits par la loi sans disposer d’un motif légitime. C’est-à-dire que toute personne disposant d’une telle arme, sur elle ou dans son véhicule, doit être en capacité d’invoquer un motif légitime. En cas de souci, les forces de l’ordre et/ou un juge appréciera si les circonstances et le contexte justifie ou pas de son port ou de son transport. La justification de sa présence pour répondre à une hypothétique agression n’est pas un motif valable en soi.

Etiquettes : Armes

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