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L'escroc de longue date que la prison ne soigne pas

Deux personnes se sont vues charmer par un homme d'un certain âge qui n'en est pas à son coup d'essai. Il aurait commis les même délits en métropole et à Mayotte avant d'arriver à La Réunion.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 9 octobre 2020 à 10H39

Certains escrocs ont du mal à perdre leurs mauvaises habitudes. Il est souvent difficile pour eux de résister à l'appel de l’argent facile. Et malgré les condamnations, Pierre C. n’en a manifestement pas tiré les leçons. C’est ce que raconte Denise*, qui s’est vue prise d’empathie pour cet homme au point de lui donner une partie de ses petites économies. 
 
C’est en centre de rééducation au Port que Denise travaillait et a eu, un jour en février 2018, un patient "en difficulté financière". "Sa situation allait se régulariser rapidement mais il me demandait si je pouvais lui prêter de l’argent pour l’aider à finir le mois". Pierre C. lui avait donné sa parole : "Il me disait pouvoir me rendre mes sous dans les 15 jours et qu'il me ferait un virement de la somme prêtée, voire plus. Je lui ai répondu que mon argent était le fruit de mon travail, que je n'en voulais pas plus mais que je comptais vraiment sur lui pour me rendre les 1000 euros que je venais de lui prêter".
 
Un mois plus tard, Denise quitte La Réunion et malgré les multiples relances, ne reçoit aucune réponse et encore moins son argent. Elle fait des recherches et comprend que Pierre C. n’en est pas à son premier coup. 
 
Son casier judiciaire serait bien chargé et les victimes nombreuses. Une condamnation pour abus de confiance datant de 2008 a été retrouvée : 18 mois de prison ferme et le remboursement à quatre personnes de plus de 107.000 euros. Il était alors déjà incarcéré pour d’autres faits. Cet homme en aurait charmé plus d’un, utilisant la pitié et le même mode opératoire à chaque fois que ce soit en métropole, à Mayotte ou à La Réunion. 
 
La prison ne semble pas l’avoir calmé. Denise avait menacé de porter plainte et avait alors reçu 100 euros, 10% de la somme prêtée. Mais ça ne l'a manifestement pas découragé. Une autre victime, René*, s'est fait avoir un an après Denise, en février 2019. "Pour ma part, il s'agissait d'un investissement dans sa société d'achat de biens immobiliers saisis, qu'il disait tenir avec un ami avocat, raconte René. Je lui avais expliqué que je réalisais des travaux chez moi avant la naissance de mon bébé et il m'a proposé de me faire un peu d'argent pour payer ces travaux. On lui donnerait le bon dieu sans confession. Il est très bon, très fin". Cette rencontre lui a coûté plus de 6000 euros. René a donc porté plainte, leurs échanges archivées en main, et Pierre C. devait être jugé devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis le 15 septembre dernier. Mais le prévenu a demandé un renvoi pour raisons médicales - il aurait plus de 70 ans - et l'affaire a été renvoyée en mars prochain. 
 
*Prénoms d’emprunt

 

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