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Les guêpes surgelées de Madagascar à l’assaut du marché réunionnais

En friture ou en rougail, les larves de guêpes, à l’image des zandèt ou autres bichiques font partie intégrante du patrimoine culinaire réunionnais. Mais un produit qui se fait de plus en plus rare localement. Au point que La Réunion se tourne désormais vers les guêpes de Mada'.

Ecrit par – le jeudi 25 mai 2017 à 19H51
Vendues traditionnellement entre 90 et 150 euros le filet, de bouche à oreille ou sur le bord des routes, bien au chaud dans leurs nids, les larves de guêpes se vendent aussi désormais en surgelé et prennent place dans les rayons des enseignes spécialisées, des grandes surfaces et même des stations services.

Dans notre île, les larves de guêpes sont récoltées traditionnellement à la fin de l’été, dans les ravines et les forêts. Terrain accidenté, risque de piqûre, saisonnalité, expliquent le prix élevé du produit frais qui n’entame en rien la motivation des gourmets.

 
Et les amateurs de guêpes ont désormais le choix. Plusieurs marques proposent de déguster ce mets délicat vendu sous plastique. 
 
Un filon qu’a su flairer la Socovia, spécialisée dans le commerce de produits surgelées, en saisissant « une opportunité » donnée par nos voisins à Madagascar. L’idée d’introduire sur le marché réunionnais des larves de guêpes provenant de la Grande Ile émerge dans l’esprit du président directeur général de la Socovia dès 2013. « Nous avons été l’un des premiers à avoir vu la possibilité de ce marché fort rémunérateur », se souvient Christophe Enguehard, président directeur général de la société. 

 

9 tonnes de larves de guêpes surgelées importées !
 
A partir de mai 2014, les larves de guêpes surgelées et conditionnées à Madagascar débarquent à La Réunion. La Socovia travaille avec une société locale de Tamatave qui elle-même fait appel à de petits « éleveurs ».
 
Les larves sont récoltées à maturité en forêt à une période donnée, puis ramenées dans des usines où chaque larve est extraite à la pince à épiler avant d’être rapidement surgelée, explique la Socovia. « Un travail fastidieux effectué dans le respect des normes européennes tout au long de la chaîne, ce qui garantit une qualité ‘premium’ « , assure Christophe Enguehard.
 
Une attention particulière est également portée sur l’usage des pesticides. Madagascar offrant des garanties que ne permettent pas les larves venant d’Asie, ajoute-t-il.
 
Moins chères et vendues en sachet de 250 g, environ 9 tonnes de larves de guêpes surgelées sont importées chaque année à La Réunion. La récolte et le conditionnement expliqueraient les variations de prix. 

Hier rémunérateur, « le marché est aujourd’hui soumis à une concurrence rude », reconnaît la Socovia. Le consommateur réunionnais, après « l’étonnement », s’est semble-t-il laissé séduire. « A La Réunion, il y a une culture du congelé », a constaté le PDG de la Socovia, également détenteur de la chaîne de magasins Gel Center.

 

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