"Les conditions d'incarcérations sont meilleures à la Réunion"

Entourés des responsables pénitentiaires de l'île, Laurent Ridel a effectué, depuis mercredi, une visite des différents services et centres de détention de la Réunion. "La Réunion se trouve dans une situation atypique par rapport aux autres départements d'Outre-mer, se caractérisant par trois critères : l'état des prisons, la surpopulation et le recours plus important à la prison ferme. A la Réunion, des efforts ont été réalisés et les conditions d'incarcérations sont meilleures", explique Laurent Ridel.
La Réunion ne connait plus de situation "d'encombrement" de ses prisons depuis la fermeture de la prison Juliette Dodu et la construction du centre pénitentiaire de Domenjod. On compte désormais 1.500 places de détentions dans notre île, "il reste 100 places vacantes soit un niveau d'occupation de 95%", souligne le directeur inter-régional des services pénitentiaires de la mission Outre-mer.
Deux suicides à la Réunion
"Nous avons trois établissements corrects et complémentaires avec un superbe outil, la prison de Domenjod, qui est sans doute un des plus beaux établissements de France. (…) Les conditions de dignité pour les détenus, les conditions de travail pour le personnel et les conditions de sécurité pour la société réunionnaise y sont bien meilleures que dans le reste de l'Outre-mer".
Laurent Ridel est également revenu sur les événements marquants de 2010. Il a souligné qu'il n'y avait pas eu "d'évasion cette année contrairement à 2009 (ndlr : évasion de Juliano Verbard par hélicoptère)" et que le nombre de suicide s'élevait à deux, "un au Port et un à Saint-Denis".
"Nous sommes l'institution publique qui a fait le plus d'efforts en étant transparente sur le nombre de suicides chaque années en prison (120 au total en France sur l'année 2010)", explique-t-il. Pour aider les détenus, un plan de prévention suicide en 20 mesures a été mis en place. Il consiste à former les personnels pénitentiaires sur la détection de la crise suicidaire chez le détenu dès son arrivé au sein de l'établissement.
Améliorer les conditions de détention à Mayotte
"On retrouve la vétusté et la surpopulation à Mayotte", explique Laurent Ridel. L'île de Mayotte est en cours de départementalisation depuis le mois de mars dernier, de nombreux changements sont opérés au sein des collectivités, dont les services pénitentiaires. Actuellement, il y a 200 à 250 détenus à la prison de Majicavo pour seulement 105 places.
"Plusieurs millions d'euros vont être engagés pour la réalisation d'une nouvelle prison en 2014 qui comptera 270 places en tout avec de vrais espaces de détentions permettant aux détenus de faire du sport, d'avoir des parloirs et des formations professionnelles, respectant plus leur dignité".
Spip et l'affaire Laëtitia en métropole
Aux côtés de Laurent Ridel, Koman Sinayoko, directeur du Spip (service pénitentiaire d'insertion et de probation) à la Réunion. Depuis l'affaire Laëtitia en métropole, le Spip est au cœur des critiques formulées par Nicolas Sarkozy, au même titre que les magistrats et policiers, sur le suivi des détenus à leur sortie des établissements pénitentiaires. "C'est un métier difficile, il faut être vigilant, on peut connaitre l'échec, explique Koman Sinayoko, on ne peut pas être 24h/24h sur leur dos. On est dans la même situation que nos collègues de Nantes. Chaque employé du Spip suit en moyenne entre 110 et 120 dossiers de détenus".
En tout, 55 personnes travaillent au Spip de la Réunion et gèrent environ 3.500 détenus, "si nous avions plus de conseillers (ndlr : conseillers en insertion et probation) nous pourrions mieux faire notre travail".
De nombreux chantiers vont voir le jour en 2011 à la Réunion, parmi eux la rénovation du centre pénitentiaire du Port et de Saint-Pierre, la lutte contre la violence faite aux personnels, la lutte contre la violence entre détenus, l'aménagement des peines…



