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Les Chroniques de Tonton Jules #155 : "Bref, rien de nouveau sous le soleil"

Un nouvel évêque, de nouveaux massacres, un nouvel attentat sauvage contre un enseignant, de nouveaux journaux menacés de disparition, bref, rien de nouveau sous le soleil ! En attendant la nouvelle extinction de masse qui arrive plus vite qu’on ne le craignait. Bonne semaine malgré tout. Surtout, n’oubliez pas de rire à la moindre occasion, même la plus mauvaise des à peu  près : la dérision est le meilleur remède contre la désespérance. Une petite dose de Devos et Desproges au réveil, rien de tel pour se lever du pied droit.
Ecrit par Jules Benard – le lundi 16 octobre 2023 à 13H53

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« Prenez soin du troupeau… »

Ce n’est pas moi qui le dis ; c’est le conseil de l’ami Gilbert à notre nouvel évêque, monseigneur Pascal Chane-Teng, que le mécréant que je suis salue avec un respect non feint. Il me plait bien, cet homme, très cultivé (sans en faire des tonnes), souriant, avenant ; nul doute qu’il saura se faire aimer comme son prédécesseur. Lequel prédécesseur a commis une bévue grosse comme… comme ce que vous voudrez.

L’émérite Aubry a osé dire au nouveau chargé de diocèse : « Prenez soin du troupeau du Seigneur ! » Troupeau de quoi ? De chevaux ? D’ânes ? De brebis ?… De moutons ? Je suis heureux alors de ne pas faire partie des panurgistes, moi qui ai toujours soigneusement évité la foule ; ce qui ne va parfois pas sans inconvénients king size, « car les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux ». Toute domoune va venir voir a mwin pendillé dan’ pied d’mangue. Sinonsa bande zinvalides somanqué.

JIR/Quotidien

Le Quotidien cherche repreneur quand le JIR annonce qu’il est dans ce même sillon. C’est d’une infinie tristesse, non seulement pour tous ceux habitués à leur lecture quotidienne, mais pour ceux comme moi qui doivent tout à Maximin Chane Ki Chune. C’est le petit photographe de Saint-Louis qui m’a mis le pied à l’étrier de l’écriture alors que j’étais encore instituteur à Mafate. Je suis entré de plain-pied, en 1976, dans le journalisme et le roman

Je vais également regretter la disparition (en souhaitant qu’elle intervienne le plus tard possible) du JIR pour lequel j’ai aussi travaillé.

Je ne vais pas, comme tout le monde, jeter la pierre aux journaux en ligne, travaillant actuellement pour l’un d’eux. La faute revient au fait que les gens lisent de moins en moins parce que l’enseignement ne donne plus à nos jeunes l’amour du verbe et le fumet inimitable se dégageant des pages que l’on effeuille.

Paul Junot

Quand on a des convictions, le goût de la vérité, des idées à défendre, la certitude d’être dans le vrai, mais aussi une grande gueule, on finit toujours sous le couperet. C’est le cas de notre ami Paul Junot, l’inoubliable défenseur de l’ARAST, viré par sa hiérarchie bancaire pour la seule raison… qu’il a raison. Paul dénonce les énormes frais que sa banque impose de façon léonine à ses clients/cochons de payants. Une banque qui a des moyens… trop de moyens.

Tout le monde te soutient, Paul Junot.

100 euros ?

Cent euros pour les familles nécessiteuses, pour les aider à faire face à l’augmentation démentielle du coût de la vie. On reste confondu par une telle générosité.

Une nouvelle race de cétacés : les baleines farceuses

Voici ma modeste contribution à la connaissance scientifique.

Je veux faire savoir aux animateurs de Globice (très bien, ces gens !) que j’ai découvert une nouvelle race de baleines. Hé ! On peut être nul en sciences et aimer les sciences naturelles. Bref, avec ma Nicole, nous étions, un de ces derniers dimanches, sur le promontoire marin (non, je ne suis pas Paul Valéry avec son cimetière du même nom). Le promontoire, dis-je, dominant l’océan face à la gendarmerie.

L’autre jour, ces charmantes volumineuses dames nous gratifiaient d’un ballet extraordinaire, à mi chemin entre l’entrée du port de Sainte-Marie et notre perchoir. Cela a duré une petite éternité trop courte à notre gré.

A un certain moment, deux ou trois crétins, montés sur un petit hors-bord, ont piqué à vive allure droit sur le site où s’ébattaient ces demoiselles et ont cerclé exactement autour du point de leurs ébats.

Ni une ni deux, les baleines ont sondé. Plus de baleines ! Plus de généreux sauts en l’air ! Plus rien ! Nada ! Que tchi ! In merde ! Oki ! Nos abrutis motorisés ont tourbillonné un petit quart-d’heure et sont rentrés au bercail, la mine dépitée j’espère.

Cinq minutes plus tard, nos baleines sont remontées et ont continué à jouer les Nouréiev. Quel bonheur !

Ces gigantesques cétacés doivent bien se marrer, sur leur route du retour vers l’Antarctique. L’expression « rigoler comme une baleine » prend ici tout son sens.

Une nouvelle race, vraiment ? Eclairez vite mon parapluie (inside joke) !

« Les premiers esclaves étaient des Malgaches » : n’importe quoi !

On a beau ressasser mille fois les mêmes vérités, rien n’y fait.

Dans une émission télévisée (pas trop mal faite, d’ailleurs), il vient d’être répété que « les premiers esclaves étaient des Malgaches ». Faux ! Archi-faux ! Super-faux ! Nul et non avenu !

Il n’est écrit nulle part que les dix Malgaches venus avec Louis Payen fussent des esclaves. Ils sont présentés dans les registres de la Compagnie des Indes comme « Malgaches au service de la Compagnie ».

Arrête arpète tout l’temps le minm zaffèr ! Trop i relâche !

Les Malgaches n’étaient pas opposés à l’esclavage, pratique répandue et admise alors dans la Grande-Île. Lorsqu’Anne Mousse, grand-mère des Réunionnais, s’est installée à Sainte-Marie, elle a d’ailleurs eu un esclave à son service. Comme tous les curés de chez nous. Mais elle-même n’en était pas une.

Les jeunes assassins ? « Des adolescents en pleine souffrance »

Une psychologue, psychiatre, sinon psychanalyste (beurk !), a osé dire que « les assassins de la femme malgache (assassinée à coups de pierres sous le pont de l’échangeur) sont des adolescents en pleine souffrance ». Ça fait frémir, de telles assertions.

Quelques conneries de plus et ces assassins seront les pauvres victimes du drame ! Sans un mot pour la vraie victime.

Que ces jeunes aient eu une enfance souffreteuse, nul doute là-dessus. Mais cela annihile-t-il toute pensée consciente ? Qu’ils aient dans les 14/15 ans ne change rien à l’affaire ! Quand on largue un caddie chargé de pierres sur la route d’en-dessous, on sait que cela occasionnera des dégâts… et c’est dans ce seul but qu’ils l’ont fait.

Le bâtonnier Hoareau ne fait que son métier en les défendant, bravo à lui ; mais qu’il nous soit permis de ne pas être d’accord. Le meurtre avec préméditation s’appelle bel et bien un assassinat, quel que soit l’âge de l’assassin ! On ne voit pas trop en quoi sa jeunesse doit le faire échapper à la perpétuité.

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