Les ayatollahs iraniens vont mal dormir durant les prochaines nuits...

Ce stratagème permettait à l’Iran d’être gagnant sur tous les tableaux. Si le Hezbollah et le Hamas gagnaient, c’était tout bénéfice pour lui. Et si les Américains se laissaient avoir par le chant des sirènes des dollars qu’ils espéraient gagner une fois le marché iranien ouvert, après le retrait des sanctions, c’était encore "plus mieux", comme on dit en Créole.
Et cerise sur le gâteau, il pouvait continuer pendant ce temps-là à faire travailler ses centrifugeuses et à fabriquer ses bombes nucléaires. Et accéder ainsi au statut de "pays intouchable", au même titre que la Corée du Nord. On dit que ce ne serait plus qu’une question de mois pour qu’ils y parviennent.
Ce temps-là est révolu. Aujourd’hui, l’Iran se retrouve en première ligne face à Israël.
Car les Iraniens n’avaient pas imaginé que les Israéliens répliqueraient avec une telle force à la suite du massacre de plus d’un millier d’entre eux commis par le Hamas le 7 novembre 2023. Il y a un an. Et que le Hamas s’effondrerait aussi vite devant la puissance militaire des Israéliens.
Ils n’avaient pas anticipé non plus que Benjamin Netanyahu, une fois réglé le problème du Hamas, déciderait de poursuivre le travail de nettoyage et oserait s’attaquer au puissant Hezbollah. En une semaine, Tsahal a totalement décapité la milice chiite, laissant la République islamique d’Iran devant un cruel dilemme.
Soit elle n’attaquait pas Israël et elle passait pour une pleutre aux yeux des chiites du monde entier et surtout de ses supplétifs du Hamas et du Hezbollah. Soit elle répondait, et elle savait pertinemment qu’Israël n’attendait que ça pour l’attaquer et résoudre, à sa manière et de façon définitive, le problème de la bombe atomique en cours de fabrication.
Le peuple iranien déteste au plus haut point les mollahs
Beaucoup plus grave encore, le régime des Ayatollahs sait qu’au-delà d’une éventuelle destruction de son arsenal, c’est sa survie même qui est en jeu. Le peuple iranien déteste au plus haut point les mollahs et sauterait sur l’occasion d’un affaiblissement du régime pour le renverser.
Preuve en est, dans un de ses discours, il y a deux jours, Benjamin Netanyahu s’est directement adressé au peuple iranien l’assurant de tout faire pour l’aider à renverser le régime honni.
Le pouvoir iranien est d’autant plus fragile qu’il est traversé par différents courants. Pour simplifier, les modérés réunis autour du nouveau président de la République, Massoud Pezeshkian, et les intégristes bellicistes représentés par les Pasdarans, les unités d’élite du régime.
Attention, "modéré" n’a pas le même sens en Iran que dans le reste du monde. Ce qui passe pour un "modéré" en Iran serait considéré comme un dangereux extrémiste partout ailleurs. Disons que Massoud Pezeshkian est plus intelligent et qu’il a compris que son pays ne pourra s’en sortir sans obtenir une suspension des sanctions internationales. A moins, je le répète, qu'il ne s’agisse juste de gagner du temps avant de réussir à avoir la bombe nucléaire.
Quoi qu’il en soit, les "modérés" semblaient avoir gagné dans un premier temps. L’Iran s’était abstenue de répliquer à l’assassinat sur son sol, le jour de l’intronisation du nouveau président de la République, d’Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas. Il n’avait pas non plus bougé après l’élimination de Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah des principaux cadres du mouvement grâce aux "bippers" piégés et après la destruction des stocks de missiles de la milice islamique.
Cette attitude a tenu jusqu’à hier, jour où les ultraconservateurs l’ont emporté et réussi à convaincre l’ayatollah Khameinei que l’Iran ne pouvait plus rester les bras croisés à regarder les Israéliens faire partir en fumée les dizaines de milliards qu’ils avaient patiemment investis dans leurs supplétifs, à Gaza, au Liban, au Yémen mais aussi en Syrie et en Irak. Et qu’il fallait à tout prix réagir en bombardant l’état hébreu. Au risque sinon de perdre toute crédibilité aux yeux de leurs supporters.
Khameinei a longtemps hésité et a fini par céder.
Ils ont offert à Benjamin Netanyahu le prétexte qu’il attendait
Ce faisant, ils ont offert à Benjamin Netanyahu le prétexte qu’il attendait pour leur déclarer la guerre et entrainer les Américains avec lui. Si Joe Biden est en opposition frontale avec le massacre des civils palestiniens par Benjamin Netanyahu à Gaza, il est totalement en phase avec lui en ce qui concerne le Hezbollah et l’Iran. Il a d’ailleurs dit hier soir qu’il était prêt à se "coordonner" avec les Israéliens pour répondre à l’Iran.
Dans les heures ou les jours qui viennent, on peut s’attendre selon de hauts responsables israéliens à des attaques contre l'industrie pétrolière iranienne, contre leurs systèmes de défense aérienne et d'autres sites stratégiques à travers l'Iran. Ainsi que la possibilité d'attaques meurtrières contre des personnalités iraniennes clés. Avec un sort identique à ceux de Haniyeh et de Nasrallah. Je connais des responsables iraniens qui vont mal dormir durant les jours qui viennent.
Et les mêmes responsables israéliens avancent que si l'Iran décidait de répondre à cette frappe de représailles à venir, alors toutes les options seraient sur la table, y compris la destruction des sites nucléaires iraniens.
Il me revient une phrase de Golda Meir, une ancienne Première ministre israélienne : "la paix viendra quand ils aimeront leurs enfants plus qu’ils nous haïssent".


