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Législatives : La gauche fait front dans l’Ouest

L’heure était au bilan pour Perceval Gaillard et Karine Lebon, mais aussi à la présentation du programme du Nouveau Front Populaire version péi. Face au “danger du RN”, les députés sortants appellent à un sursaut des électeurs.

Ecrit par M.B. – le vendredi 21 juin 2024 à 17H28

Ils ont été élus en 2022 et ils comptent bien reprendre leurs sièges à l’Assemblée lors de la prochaine législature. Perceval Gaillard et Karine Lebon ont tenu une conférence de presse ce vendredi pour faire un premier bilan de la première semaine de campagne. Afin de bien montrer l’unité de la gauche locale, les ex-parlementaires ont pu compter sur le soutien d’Emmanuel Séraphin. “Nous avons un parti, le RN, qui s’attaque à ce vivre ensemble, qui résonne si particulièrement à La Réunion. Côté Macron, les riches sont de plus en riches, avec la France qui est devenu le troisième pays comptant le plus de milliardaires au monde. Le ‘quoi qu’il en coûte’, ce sont les chômeurs et les pauvres qui le payent”, explique en préambule le maire de Saint-Paul.

Après l’annonce officielle de la création de la “plateforme” locale pour ces élections, il était donc important de montrer que ce front uni a une existence concrète. “La gravité du moment nous oblige. Cette union large et inédite prouve que la seule force qui peut incarner l’alternance, c’est la gauche. Les résultats de 2022 ont envoyé un signal fort de rejet de la politique macroniste à La Réunion”, souligne Karine Lebon.

 

“Le véritable enjeu, c’est la participation”

 

D’ailleurs, l’ancienne députée ne cache pas sa déception de voir que la commission d’enquête sur le logement social en Outre-mer a aussi subi les conséquences de la dissolution. “Nous avions réussi à obtenir la création de cette commission à l’unanimité, et bien évidemment, je m’engage à tout reprendre si je suis réélue. La question du logement reste prioritaire à La Réunion, avec près de 80% de la population qui est éligible au logement social, dont 60% au logement très social. Or, seulement 15% de la population y a accès. Notre programme est clair, nous voulons reprendre la construction, avec un objectif de 200.000 logements livrés par an pendant cinq ans au niveau national. Nous voulons aussi étendre l’encadrement des loyers, notamment dans l’Ouest, victime de la gentrification. Mais nous sommes aussi à l’écoute des propriétaires qui ne souhaitent plus mettre leur bien sur le marché à cause de mauvaises expériences. Nous allons donc mettre en place une garantie universelle des loyers impayés pour réduire les risques pour les propriétaires”, poursuit la candidate Lebon.

La députée sortante a taclé au passage l’un des autres candidats qui a fait de la question du logement son cheval de bataille : Erick Fontaine. “Il est étonnant de rappeler que la CNL appelle à soutenir les candidats du NFP. Mais je ne vais pas laisser dire que si les dossiers sur le logement avancent à l’Assemblée, c’est grâce à lui. Aux dernières nouvelles, c’était moi la députée”, s’agace Karine Lebon.

Si la bataille reste ardue, l’ancienne députée est l’une des favorites du scrutin. Pour autant, “le véritable enjeu, c’est la participation. Il faut mobiliser les électeurs, même ceux fâchés avec la politique.”

 

Une Gauche Plurielle 2.0

 

Perceval Gaillard enfonce le clou en soulignant que “le président a créé les conditions pour que le Nouveau Front Populaire arrive au pouvoir”. Surtout, l’ancien parlementaire insiste sur l’importance de La Réunion au plan national. “Pour la première fois depuis longtemps, l’île, et les Outre-mer en général, peuvent influencer le résultat pour que l’Assemblée penche d’un côté ou de l’autre. Pour la première fois, nous avons pu créer un élan pour que tous les députés ultramarins travaillent ensemble. Ce n’était jamais arrivé avant. Nous pouvons sortir de ces vieilles batailles entre Réunion, Guadeloupe ou Martinique, pour avancer sur des dossiers”, exprime Perceval Gaillard, rappelant ses victoires, notamment la nouvelle circulaire concernant les jours de congés dans la fonction publique pour les fêtes religieuses tamoules.

Pour le député sortant, l’heure est venue pour la gauche de proposer un nouveau moment de progrès pour le pays. “L’époque Jospin est la dernière période d’avancée sociale en France, et avant, c’était 1981 et 1936. Nous avons eu le loisir de constater que depuis 2022, le RN vote avec Emmanuel Macron contre toutes les mesures sociales. Notre positionnement, lui, est clair : blocage des prix, augmentation du SMIC, indexation des salaires sur l’inflation et la fin du gel du point d’indice des fonctionnaires. Concernant La Réunion, nous souhaitons aussi une exonération de la taxe foncière pour les propriétaires les moins aisés. Dans l’île, 30% des propriétaires sont pauvres, il faut les aider pour éviter de les forcer à vendre car ils ne peuvent pas payer”,

 

Un Nouveau Front Populaire ni “autonomiste” ni “antisémite

 

Si la gauche a réussi à se réunir, c’est tout le reste de l’échiquier politique qui a fait “front” commun pour s’attaquer à cette alliance. Que ce soit au niveau national ou local, si la gauche est à l’offensive sur le social, elle encaisse les coups sur les accusations d’antisémitisme, et à La Réunion “d’autonomisme”. Devant ces accusations, Perceval Gaillard ne cache pas son agacement. “Concernant l’autonomie, c’est un épouvantail. Cela masque surtout le manque de projets pour La Réunion de la droite. On réactive la peur du ‘larguage’, comme dans les années 70/80. C’est bien la preuve qu’une partie de la classe politique vit dans des fantasmes du passé. Nous souhaitons juste pousser la décentralisation dans les territoires d’Outre-mer. Pour finir, ils nous reprochent de faire exactement la même chose qu’eux ont fait pendant des années, à savoir demander à adapter des législations par rapport aux spécificités de l’île”, explique le député sortant.

Mais ce sont les accusations d’antisémitisme qui semble le plus toucher le candidat. “C’est une insulte abjecte. Pour couper court à toute polémique, la feuille de route du NFP qui a été signée comporte un texte préliminaire qui condamne sans réserve l’attaque du 7 octobre. Oui, nous défendons le droit des Palestiniens à avoir un état. Oui, nous dénonçons les massacres commis par le gouvernement d’extrême droite israélien. Chose à noter, nous avons dit exactement la même chose que la gauche israélienne, et personne ne vient la taxer d’être antisémite. Il n’y a qu’en France que cela pose un problème. Et surtout, les gens qui nous jettent cette insulte appartiennent à un parti héritier de ceux qui ont conduit les Juifs dans les camps. Nous nous tenons aux côtés de nos concitoyens juifs, et de tous les autres, peu importe leur religion”, poursuit Perceval Gaillard. Karine Lebon ajoute également : “Nous ne laisserons rien passer et nous porterons plainte contre ces accusations ».

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