[L'édito de Pierrot Dupuy] Les touristes sont "dengue" de l'île intense

« Epidémie de dengue à la Réunion : Quelle ampleur et quels dangers ? » pour Europe 1. « La Réunion : L’épidémie de dengue s’intensifie dans l’ile » pour 20 Minutes. « Elle sévit avec force à la Réunion : ce qu’il faut savoir de la dengue » pour LCI. « L’épidémie de dengue pique La Réunion » pour Paris Match. Ce ne sont là que quelques-uns des titres consacrés à notre ile ces derniers jours dans la presse nationale.
« Mais que diable avons-nous fait au bon Dieu », se serait exclamée ma regrettée maman…
On connaissait déjà les dix plaies d’Egypte : les eaux du Nil transformées en sang, l'invasion de grenouilles, de moustiques puis de mouches, la disparition des troupeaux, l'épidémie de pustules, l'orage de grêle, la prolifération de sauterelles, les ténèbres et enfin la mort des premiers-nés.
A la Réunion, on a déjà eu les requins, le chikungunya, les chiens donnés en appât aux requins, les cyclones, les raz-de-marée qui emportent les paillotes construites illégalement, et maintenant la dengue… C’est quoi la prochaine catastrophe qui va nous tomber sur la tête ?
Au-delà de ça, et de façon plus sérieuse, est-il vraiment nécessaire de diffuser dans les avions ces messages hyper inquiétants quant au risque requins, et maintenant sur la dengue ?
On m’objectera qu’il est important de prévenir les touristes pour ne pas mettre leurs vies en danger. Soit. Mais n’y aurait-il pas des solutions moins agressives pour le faire ?
Personnellement, j’entendrais un message comme ça en arrivant dans un pays pour mes vacances, je ne descends pas de l’avion et je repars aussitôt dans l’autre sens pour rentrer chez moi…
Je sais bien que la dengue est une maladie grave. Je sais bien que le risque de propagation est important. Zinfos vous a déjà révélé, et il est le seul à l’avoir fait, qu’une Réunionnaise qui avait séjourné deux mois dans son île natale, avait été diagnostiquée comme porteuse de la dengue à son retour dans la région parisienne où elle habite maintenant. De même qu’au moins deux Mahorais qui rentraient de la Réunion. Mais je ne suis pas sûr que le message diffusé dans l’avion soit d’une quelconque efficacité.
Par contre, il conviendrait de faire un effort bien plus important en matière de ramassage des déchets et autres carcasses qui trainent encore un peu partout dans l’ile, de même qu’en matière de lutte contre les terrains envahis par les herbes qui sont de véritables nids à moustiques. Et là par contre, y a plus personne.
Combien de témoignages n’entend-on pas à la radio de riverains qui ont alerté la mairie et l’ARS pour signaler des terrains laissés à l’abandon et qui pullulent de moustiques ? Ou des carcasses de voitures ? Sans que personne ne bouge…
Il est plus facile de se donner bonne conscience en diffusant un spot hyper alarmiste dans les avions que d’effectuer un vrai travail efficace sur le terrain.


