Le vol de sa trottinette lui coûte… 45 jours d’ITT

Un Portois de 22 ans a été condamné à 30 mois de prison dont 20 avec sursis pour avoir agressé à coups de sabre un autre jeune en quête de sa trottinette volée.
Dans la nuit du 19 au 20 octobre dernier, les policiers du Port sont appelés de toute urgence pour un blessé par arme blanche. A l’arrivée des secours, peu avant 1 heure du matin, un jeune homme est inanimé au sol dans une flaque de sang. Des coupures lui barrent la tête, le corps et l’avant-bras gauche.
Les policiers en charge de l’enquête démêlent assez vite les fils de cette histoire hallucinante qui a bien failli coûter la vie à la victime. Tout commence au beau milieu de la nuit. Le jeune homme revient dans la rue où il a déposé sa trottinette. Il constate alors qu’elle a disparue.
« J’ai vu rouge alors j’ai pris un sabre… »
Enervé, il aborde deux jeunes gens présents sur les lieux, les suspectant d’être à l’origine du vol. L’un d’eux, Hadji M., est le prévenu jugé à la barre du tribunal judiciaire pour des violences avec arme. Persuadé à tort ou à raison que celui-ci sait où se trouve sa trottinette, la victime décide d’aller voir sa mère. Celle-ci n’en prend d’ailleurs pas ombrage. Au contraire, elle ordonne à son fils de rentrer à la maison tandis qu’elle sort de chez elle pour accompagner le jeune homme qu’elle connaît bien. Elle entend l’aider à retrouver son moyen de locomotion, porté disparu.
Hadji M. voit rouge quand il découvre que sa mère est dans la rue avec lui. Il se rend dans un chantier à proximité où, comme par hasard, il met la main sur un sabre. Puis il se met en tête de retrouver le jeune à la trottinette pour en découdre. « Il a fait sortir ma mère qui est malade. J’ai vu rouge alors j’ai pris un sabre à quelques rues de chez moi », admet-il à la barre.
« Vous auriez pu le tuer »
La suite est digne d’un mauvais remake du film Orange mécanique. Il avoue avoir poursuivi la victime avec son sabre en main. Les coups pleuvent. Il frappe au hasard, surtout à la tête mais aussi à l’abdomen et dans le dos. Quand le malheureux gît au sol, il continue de lui porter des coups. Quand il s’arrête, l’autre ne bouge plus. Il souffre de multiples fractures, il est inconscient et couvert de sang.
« Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça », dit le prévenu qui avait alors 1,60 gramme d’alcool par litre de sang. Il explique avoir été « choqué » quand il a vu tout ce sang. « Vous auriez pu le tuer », lui fait remarquer le juge. « Oui, j’en suis conscient. C’est un acte que je regrette et qui m’a bouleversé », admet-il tout penaud.
« C’est un ami de mon grand-frère »
C’est d’autant plus incompréhensible qu’il connaît la victime de longue date. « C’est un ami de mon grand frère », précise-t-il. L’avocate de la partie civile confirme la proximité de son client avec la famille du prévenu. « Il appelle leur mère maman », indique le conseil.
Le substitut du procureur requiert une peine de 30 mois de prison dont 18 avec un sursis probatoire. Le tribunal s’est presque aligné. Il a condamné Hadji M. à 30 mois de prison dont 20 avec sursis probatoire avec obligation de soins, de travailler, d’indemniser la victime et de ne plus la fréquenter.


