Le trotskisme, c’est décidément bête et méchant

Je vais, à mon grand regret, décevoir ceux qui tiendraient encore les trotskistes pour une sous-espèce de cocos assez inoffensive, des cocos somme toute plus gentils et moins sauvages que les autres. A la lecture du commentaire sur l’attentat de Berlin que s’est permis de publier sur son site le NPA (le Nouveau Parti Anticapitaliste des amis de Besancenot, Poutou et Krivine), ils seront à coup sûr épouvantés et scandalisés. C’est là, en effet, un bien beau morceau de langue de bois ([http://www.revolutionpermanente.fr/Tuerie-a-Berlin-sur-un-marche-de-Noel]urlblank:http://www.revolutionpermanente.fr/Tuerie-a-Berlin-sur-un-marche-de-Noel ) méritant bien un petit commentaire :
« A nouveau, l’émotion à deux vitesses bat son plein. La tuerie de Berlin fait la une des médias depuis lundi soir alors que l’attentat perpétré à Karak, au Sud de la capitale jordanienne, plus tôt dans la matinée, n’a pas donné lieu à autant d’émoi, en dépit d’un nombre quasi identique de victimes mortellement touchées…
Chacun appréciera « l’émotion à deux vitesses qui bat son plein », ainsi que le reproche implicite fait aux médias charognards de monter en épingle ce qu’ils ne devraient considérer, somme toute, que comme un simple incident regrettable !
« Il n’est pas certain, donc, que les motivations du conducteur du semi-remorque relèvent de l’Islam djihadiste. On peut d’ailleurs imaginer qu’indépendamment des ressorts de ce qui ressemble à une attaque, Daech ou d’autres groupes, dans leur stratégie de « franchising » des opérations menées par des solitaires dans le cadre de la guerre réactionnaire asymétrique qu’ils livrent, revendiquent la tuerie. Ce qui est sûr, en revanche, c’est l’instrumentalisation de l’événement par les gouvernements européens…
Il y a ce qui « n’est pas certain » et il y a « ce qui est sûr ». Pas certain que l’Islam djihadiste soit coupable de ce qu’on a trop vite fait de l’accuser. Sûr, en revanche que les vilains gouvernements européens, eux, sont coupables d’instrumentaliser l’évènement à leur profit. Il faut donc bien voir où sont les vrais coupables !
« Côté français, Bruno Le Roux s’est empressé de réaffirmer « la coopération franco-allemande dans la lutte anti-terroriste » de façon à ce que Paris et Berlin « gagnent le combat contre ceux qui veulent atteindre nos valeurs et notre liberté ». Raison de plus, par conséquent, de réclamer un serrage de vis liberticide ultérieur. « Dans ces circonstances, a souligné son cabinet, Bruno Le Roux, a appelé l’ensemble des forces de l’ordre à maintenir une vigilance maximale et à conserver sa détermination face à la barbarie. La sécurisation des marchés de Noël a été immédiatement renforcée…
Qui s’attaque à la liberté ? Les djihadistes ? Non, le texte reproduit de façon ironique, entre guillemets, l’expression « ceux qui veulent atteindre nos valeurs et notre liberté » employée pour les désigner. Par contre les états européens, eux, vont bel et bien s’engager dans « un serrage de vis liberticides ». Ce sont donc eux les vrais assassins de la liberté !
« Reste à vérifier quelles étaient les motivations de l’assassin qui aurait été interpelé aux alentours de 23h par la police allemande. Cependant, dans une Europe gangrénée plus que jamais par le chauvinisme, l’islamophobie et les raccourcis xénophobe, il faudra savoir davantage, encore, résister aux sirènes du sécuritarisme qui est avant tout la face interne d’une politique impérialiste qui pratique et génère, par effet spéculaire, les pires des barbaries. »
Autrement dit – oui, vous avez bien lu ! – les responsables des attentats, ce ne sont pas les djihadistes qui ont perpétrés ceux-ci mais les états européens qui ont pris des mesures de sécurité afin de tenter de s’en préserver, des états gangrénés et barbares qui se voient, pour cette raison, taxés par nos trotskistes, non seulement du délit maintenant bien connu « d’islamophobie » mais aussi d’un nouveau délit : le « sécuritarisme » !
De tout cela il devrait résulter, de façon évidente pour tout le monde, qu’en fait les victimes, ce sont les assassins et les assassins, ce sont les victimes. CQFD ! Miracle de la dialectique marxiste bien maniée !
Alors, moi, c’est bien simple, je propose qu'on en prenne une dizaine au hasard, de ces négationnistes trotskistes, qu'on les fasse allonger sur la chaussée et qu'on demande à un proche des victimes des terroristes islamistes de Berlin de bien vouloir les rééduquer en leur roulant dessus avec un camion.
Il est probable qu'au moment ultime, grâce à cette bénéfique « leçon de chose », ils seront touchés par un éclair de lucidité et réussiront alors à accéder à une vision plus saine du problème.
Et puis, si ce remède ne se révélait pas totalement efficace et devait échouer à corriger leur vilaine façon de voir, ça présenterait tout de même l’intérêt non négligeable d’en supprimer une dizaine… Et 10 trotskistes de moins à la surface de la terre, je vous assure, c'est bon pour l'écologie !
Il me semble que quand ils me comptaient dans leurs rangs (eh oui !), certes les trotskistes incarnaient déjà une idéologie profondément totalitaire et ouvertement tyrannique (avec comme objectif politique ce qu’ils appellent la « dictature du prolétariat »), certes ils vouaient déjà un culte pieux à des idoles sanguinaires, des criminels contre l’humanité avérés (Trotski lui-même, mais aussi Lénine, Castro, Guevara, etc.), mais qu’ils étaient, ce nonobstant, un peu moins cons et un peu plus subtiles dans la mise en forme de leur propagande pernicieuse.
Ou alors, est-ce que je me laisse abuser par ce penchant universel qu’ont, parait-il, tous les hommes à enjoliver le souvenir de leurs jeunes années, lesquelles, le soir venu et la nostalgie aidant, leur apparaissent désormais toutes enrobées d’indulgence et nimbées de délicatesse ?
A.P.


