Le tireur présumé du Chaudron reconnaît avoir agi pour régler ses comptes

L'avocate du prévenu enjoint son client de se taire. Mais Stewart C.H. est trop bavard à la barre du prétoire de la cour d'appel ce jeudi 5 octobre. Finement interrogé par la présidente de l'audience, Doriane Trombi, le trentenaire est questionné au sujet de menaces de mort pour lesquelles il est jugé en appel à la demande du parquet mais également sur les raisons qui ont entrainé son incarcération depuis le 24 février dernier. Me Marie Briot, son conseil, s'insurge et rappelle la présomption d'innoncence. Mais c'est trop tard, son client originaire de Guyane et déjà condamné dans l'Hexagone pour avoir fait la mule a indiqué à la cour que les motifs qui l'ont poussé a tirer sur Guillaume R. "sont les mêmes" que ceux qui l'ont amené à menacer de mort Eric P., en août 2022 : la peur de se faire balancer.
Pour mémoire en février dernier dans le quartier du Chaudron, Stewart C.H. aurait tiré trois fois avec une arme de poing sur Guillaume R. qui, malgré son statut de victime, a également été mis en examen dans le trafic de drogue présumé qui lie vraisemblablement les deux hommes.
En août 2022 à St-Denis, Stewart C.H. avait menacé de mort par message Eric P. au motif que celui-ci lui aurait dérobé 2000 euros. "Ceux qui vont voir la police, on leur fait du mal" avait-il promis tout comme de faire du mal à la femme et la fillette de son rival. Le mis en cause aurait également exhibé un pistolet d'alarme retrouvé en sa possession au moment de son interpellation. "Les faits pour lesquels je suis en détention aujourd'hui, ça part de là" explique le prévenu à la cour.
Arrivé en décembre 2021 à la Réunion, Stewart C.H. dit avoir eu "un coup de coeur" pour l'île. Vivant des minimas sociaux, il justifie son train de vie par ses gains aux paris sportifs. En 2015, le cariste de profession avait quitté la Guyane pour le Havre où, en 2013, il a été condamné pour transport de cocaïne en son absence. Le tribunal avait délivré mandat d'arrêt et l'intéressé avait été écroué en 2018.
Le représentant de la société a requis 6 mois de prison avec sursis au gran dam de Me Briot qui a rappelé que son client aurait du initialement être jugé dans le cadre d'une reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) mais que la date retenue avait coincidé avec celle de son placement en garde à vue dans l'histoire des tirs du Chaudron. La seconde affaire pèserait de façon injuste sur la première selon la robe noire qui indique avoir découvert par hasard l'appel du parquet de St-Pierre et ne pas avoir pu à son tour interjeter appel. "Ce n'est pas quelqu'un d'éminemment dangereux " a conclu le conseil.
La cour s'est donnée jusqu'au 26 octobre pour rendre son arrêt.


