Le Tampon : polémique sur les indemnités, un collectif appelle à la vigilance

Le conseil municipal du Tampon a voté la semaine dernière l’enveloppe réglementaire des indemnités des élus, assortie d’une majoration de 15 %. Une décision qui suscite l’indignation d’un collectif citoyen, dénonçant un décalage entre les annonces et la réalité.
Dans un communiqué diffusé également sur les réseaux sociaux, le collectif entend, à la lumière "de la vérité des chiffres ", dénoncer " les écarts entre les annonces et la réalité".
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Ces "Tamponnais vigilants" ont comparé les délibérations prises par l’actuelle mandature et la précédente en matière d’indemnités des élus, concluant à leur augmentation : "contrairement aux déclarations publiques de la nouvelle équipe municipale conduite par Alexis Chaussalet, les indemnités des élus sont loin d’avoir baissé".
L’enveloppe globale consacrée aux indemnités est ainsi passée de 36 830,30 euros en 2024 sous la mandature de Patrice Thien Ah Koon à 38 885,56 euros en 2026 sous celle d’Alexis Chaussalet, soit une augmentation de 2 055,26 euros.
Dans le détail, le communiqué relève une baisse très marginale de l’indemnité du maire (−0,01 euro) ainsi qu’un recul de 41,11 euros pour les adjoints. La hausse dénoncée concerne en revanche les adjoints de quartier et les conseillers municipaux, avec respectivement +390,50 euros et +1 884,98 euros. "Cette situation traduit un profond cynisme du maire en place, avec une propension forte à l’incohérence entre discours et actes. Ce manque de transparence particulièrement préoccupant doit tous nous alerter en ce début de mandature et appelle à une vigilance accrue des forces vives de notre territoire", fustige le collectif.
Un cadre légal strict
La question des indemnités occupe le devant de l’actualité politique en cette période de début de mandature, marquée par les votes obligatoires qui suivent les élections. Les enjeux sont importants et renvoient à la transparence, à la moralisation de la vie publique et à l’utilisation des deniers publics.
La municipalité rappelle que le calcul des indemnités est strictement encadré par la loi et repose sur une formule nationale indépendante des communes. L’enveloppe est déterminée en fonction du nombre d’élus, d’un indice de référence de la fonction publique (indice majoré 835), de la valeur du point d’indice fixée par l’État et d’un taux maximum légal. "La commune ne peut agir que sur un seul levier : baisser les taux. Et c’est le choix qui a été fait : les adjoints sont passés de 32 % à 31 % et les conseillers délégués de 13,5 % à 13 %", explique la municipalité.
Une hausse liée au nombre d’élus
La municipalité reconnaît néanmoins que l’enveloppe globale a augmenté, mais l’explique par l’évolution du nombre de conseillers municipaux. "Entre le précédent mandat et aujourd’hui, la commune du Tampon est passée de 49 à 53 conseillers municipaux, car elle a franchi le seuil des 80 000 habitants. Cette évolution est automatique et prévue par le Code général des collectivités territoriales."
Elle souligne par ailleurs qu’une partie de l’enveloppe n’a pas été utilisée. "Dans une logique de gestion rigoureuse et de transparence, la nouvelle équipe municipale a fait le choix de ne pas utiliser l’intégralité de l’enveloppe légale des indemnités", laissant un reliquat de 1 808 euros non consommé.
Selon la municipalité, un adjoint perçoit aujourd’hui 1 274 euros brut par mois, soit environ 1 000 euros net, contre environ 1 050 euros net auparavant.
Un conseiller délégué perçoit environ 534 euros brut, soit environ 430 euros net, contre environ 450 euros net auparavant.
Une majoration votée au titre du statut de la commune
En parallèle, les élus ont voté ce lundi une majoration de 15 % des indemnités du maire, des adjoints et des conseillers municipaux délégués.
Cette majoration correspond à l’application légale du critère de "commune siège du bureau centralisateur de canton". L’opposition s’est abstenue lors de ce vote.
Dans ce contexte, le collectif "Tamponnais vigilants" annonce d’ores et déjà maintenir la pression en ce début de mandature : "La confiance publique exige rigueur, honnêteté et clarté. Aussi, nous resterons particulièrement vigilants quant à l’utilisation des deniers publics de notre ville et veillerons, avec une attention particulière, à ce que l’engagement de campagne d’Alexis Chaussalet de ne pas cumuler les différentes indemnités de fonction, pour lui et son équipe, soit pleinement respecté."


