Sainte-Suzanne : majoration de 15% des indemnités… Alek assume et s'explique

Alors que la commune fait face à un déficit budgétaire estimé à 12 millions d’euros et va voter un budget en déséquilibre, le conseil municipal doit adopter ce jeudi une délibération prévoyant une majoration de 15 % des indemnités des élus. Une décision que le maire, Alexandre Laï-Kane-Cheong, assume et défend.
Tout est encadré. Conformément au Code général des collectivités territoriales, le conseil municipal doit fixer les indemnités de ses membres dans les trois mois suivant son installation. Des indemnités calculées sur la base de l’indice brut terminal de la fonction publique.
L’enveloppe maximale autorisée pour Sainte-Suzanne, compte tenu de sa population, s’élève à 17 264,17 euros bruts mensuels pour l’ensemble des élus. La répartition adoptée reste dans ce plafond, incluant le maire, les adjoints et les conseillers municipaux délégués.
L'enveloppe constitue un plafond que le conseil municipal ne peut dépasser, mais qu’il peut librement moduler à la baisse.
Des dotations en hausse, un coût de 2 583 euros bruts par mois
La majoration de 15 %, rendue possible par l'application du statut de chef-lieu de canton, représente un coût annuel total de 31 074,24 euros bruts pour la collectivité. Rapportée mensuellement, cette hausse équivaut à 2 583 euros bruts à répartir entre les élus concernés, soit les 26 membres de la majorité, dont 10 adjoints, tous détenteurs d'une délégation.
“C’est une décision que j’assume en tant que maire”, affirme Alexandre Laï-Kane-Cheong, joint ce matin sur le dossier et qui a revendiqué lors de son investiture que l'on continue de le surnommer Alek. L’édile insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une "augmentation", mais de l’application d’une “majoration légale” liée aux responsabilités supplémentaires du statut de chef-lieu de canton. Une décision votée en toute transparence, les indemnités étant clairement indiquées, ce qui n'est pas le cas de toutes les communes.
Un statut de chef-lieu de canton qui entraîne des responsabilités supplémentaires pour les élus locaux, met en avant le rapport, de par la "coordination des activités intercommunales et cantonales, l’accueil et l’organisation d’événements institutionnels et administratifs et la charge administrative et de représentation accrue pour le développement local".
Le nouveau maire tisse un autre intérêt : Rétablir un "canal officiel" et de "confiance" avec les autorités et partenaires institutionnels "mise à mal ces dernières années".
Il s'étonne au passage que la commune n'était pas encore inscrite en tant que telle, mettant en avant des retombées pour la ville via des "dotations supplémentaires”, qu’il estime bien supérieures au coût de cette majoration.

Des indemnités "qui ne compensent pas les pertes"
Pour justifier sa décision, validée par le groupe majoritaire, précise-t-il, il souligne l’engagement des élus depuis leur prise de fonction. “Les adjoints sont au travail depuis 15 jours au service de la population et ne comptent pas leurs heures”, indique-t-il, ajoutant que pour certains, les indemnités ne compensent pas les pertes de revenus à la suite de "leur engagement politique", rappelant qu'on reste en-deçà d'un SMIC pour un adjoint, malgré la majoration.
Dans le même temps, son entourage met en perspective les niveaux d’indemnisation de la commune avec ceux d’autres communes. À Sainte-Suzanne, après majoration de 15%, l’indemnité du maire atteint ainsi 4 254,39 euros bruts, contre 3 195 euros pour le maire de Bras-Panon, commune pourtant deux fois moins peuplée. Les adjoints perçoivent 1 092,50 euros à Sainte-Suzanne, contre 841 euros dans la commune de l'Est, également chef-lieu de canton.
A la base, l'indemnité était de 3 699 euros bruts pour le maire et 950 euros pour les adjoints de Sainte-Suzanne.
Lui-même précise être désormais en disponibilité totale de l’Éducation nationale pour se consacrer pleinement à son mandat après avoir assuré une continuité pédagogique pour ces élèves jusqu'à son remplacement.

Une indemnité plus haute pour la 3 ème adjointe
Originalité du rapport qui sera voté, la répartition des indemnités fait apparaître des différences entre élus. La troisième adjointe, Claudette Ramsamy, va percevoir ainsi une indemnité supérieure à celle des autres adjoints (1 512 euros contre 1 092 euros - en appliquant la majoration de 15%).
Une indemnité qui attire particulièrement l'attention, l'adjointe en question étant par ailleurs la tante du nouveau maire. Ce dernier justifie cette décision par l’arrêt de son activité commerciale (gestion d'un commerce) pour se consacrer à ses fonctions. Une répartition validée par l'ensemble des élus, précise-t-il.
L'adjointe est aussi en charge de "l'hyperproximité, qui est la pierre angulaire de notre démarche, il s'agit de quelqu'un qui est à 100% impliquée", poursuit le premier magistrat.
Des pénalités en cas d'absences injustifiées
Pour Alexandre Laï-Kane-Cheong, la majoration s’inscrit dans une logique de reconnaissance des responsabilités et de remise à niveau des indemnités mais pas sans contrepartie.
La délibération suivante prévoit, pour rappel, un mécanisme de modulation des indemnités en fonction de l’assiduité des élus, avec de possibles pénalités financières pouvant atteindre jusqu’à la moitié de la rémunération en cas d’absences non justifiées.
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