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Le Tampon : 25 ans, 22 condamnations et 14 mois de prison pour un vol à 20 euros

Un homme a été condamné à 14 mois de prison ferme pour plusieurs petits vols et des menaces sur des gendarmes. Si le butin de ses larcins est dérisoire, son lourd passé judiciaire a pesé dans la balance.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le mercredi 6 septembre 2023 à 18H52
Photo d'illustration

Il n'est pas courant de voir un prévenu jugé en comparution immédiate pour trois affaires, mais c'est le tour de force réussi par Léon*. À 25 ans, il possède déjà 21 condamnations avant le procès. Ce sont majoritairement des vols qui composent son casier judiciaire, entrecoupé de violences et d'outrages.

La première des affaires se déroule en avril dernier. Vers minuit, il s'introduit au sous-sol d'un domicile à Bois d'Olives. Il subtilise un marteau et un carton contenant du matériel administratif. Fortement alcoolisé, il frappe à la porte et menace l'habitant de lui mettre un coup de fusil.

En juin dernier, il rentre dans un salon d'esthétique du Tampon où il montre un pistolet de type air soft au personnel du magasin. Sans rien exiger, il ressort sans vraiment menacer qui que ce soit, mais a malgré tout effrayé le personnel.

Samedi dernier, il se rend dans une boutique du Tampon où il tente de voler deux robes d'une valeur de 10 euros chacune. Pris sur le fait, il garde les robes, mais laisse son sac et le téléphone en caution à la vendeuse. Il va alors quémander auprès des passants de quoi payer les robes. La gérante du magasin appelle les gendarmes. Ceux-ci vont tenter de l'interpeller, mais il va résister et les menacer de mort à plusieurs reprises durant toute la garde à vue.

Il tente de se faire passer pour la victime

Face aux juges, ses versions vont être aussi incohérentes que changeantes. Selon lui, les gendarmes l'ont maltraité et auraient coupé leur caméra pour le frapper. "Ils sont là pour faire leur travail, pas pour agresser les gens", lâche-t-il.

Pour le vol avec effraction à Bois d'Olives, il assure d'abord que c'est le plaignant qu'il l'a menacé avec un fusil, avant de dire qu'il lui devait de l'argent pour ne jamais l'avoir payé d'un travail, avant de déclarer ensuite qu'il ne le connaissait tout simplement pas.

Concernant le salon d'esthétique, il affirme ne pas avoir menacé les employés, mais essayait juste de replacer le pistolet qu'il avait à la ceinture. Enfin, concernant les différentes menaces de mort, aucune arme qu'il menaçait d'utiliser n'a été retrouvée, ce qui, selon lui, fait gage de sa bonne foi concernant les menaces de mort qu'il nie.

"Ce n'est pas tant la gravité des faits qui compte, le problème, c'est son casier judiciaire. Depuis qu'il a 16 ans, il a été condamné à 21 reprises. Cela fait une moyenne de 2 condamnations par an. Quand il commet des délits, il ne sait pas s'arrêter", argue le procureur. Il requiert une peine de 12 mois de prison ferme ainsi que la révocation de 6 mois de sursis.

"Son seul moyen de subsistance, c'est de voler"

"Il est vrai que ce regroupement de faits rend la personnalité de mon client assez désagréable", concède Me Victoria Rouxel. Elle rappelle que la propriétaire du salon d'esthétique n'a jamais évoqué de menace, tandis qu'aucune preuve ne vient étayer les menaces de mort pour l'habitant de Bois d'Olives. Elle demande donc la relaxe pour ces faits.

La robe noire va surtout rappeler la situation sociale de son client, à la rue et sans aucun revenu. "Son seul moyen de subsistance, c'est de voler", souligne-t-elle en ajoutant que celui-ci a surtout besoin de cadre et d'aide.

Finalement, le tribunal va le condamner à une peine de 8 mois de prison ferme, ainsi qu'à la révocation de 6 mois de sursis. Il doit de plus dédommager trois victimes à hauteur de 200 euros pour le préjudice moral.

*Prénom d'emprunt

Etiquettes : Agression | Le Tampon | Menaces | Violences

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