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Le PCR est-il mort?

Ecrit par zinfos974 – le lundi 23 janvier 2012 à 09H34

On entend un peu partout cette question depuis la défaite de Paul Vergès aux régionales et une certaine désaffection des grands électeurs proches de ce parti aux sénatoriales. La réponse n'est pas facile. Mais il s'en trouvera toujours un observateur pour dire oui, et même que le parti l'était bel et bien sans que le premier cercle le sût à ce moment-là. Mais ici plus qu'ailleurs, ce n'est pas une simple affaire de formule.

En tout cas, il est encore suffisamment riche de tout ce qu'il a amassé pendant cette longue période où il a été aux affaires et où il a influencé les pouvoirs parisiens pour actionner l'ambition personnelle de pas mal d'acteurs du paysage politique réunionnais et ainsi troubler le fonctionnement démocratique de la société, d'autant que c'est la seule voie qui lui reste pour montrer qu'il existe encore.
Ce qui est vrai, c'est qu'il ne fait plus l'Histoire de la Réunion, que l'Histoire le devance, et que cette fin-là était inéluctable, quelles que soient les grandes manœuvres tactiques de son leader. Principalement pour une raison : la culture est au-dessus de la politique ; elle le précède. Un point qu'un parti communiste ne peut accepter, et qui fait que le déphasage entre son comportement et la société dans les progrès qu'elle enregistre ne peut que s'agrandir.

Est-il réformable ? Non. Il n'y a pas d'exception dans le monde, et il n'y en aura pas non plus à la Réunion, quelles que soient les apparences finement entretenues à Saint-Paul et à Saint-André. Et encore moins demain à Sainte-Suzanne, car, quoique l'on dise, le plus cohérent compte tenu de ses choix idéologiques et de son discours sur le terrain reste Maurice Gironcel. Daniel Alamélou et Yolande Pausé se disent toujours dans le système et refusent pour une échéance électorale où ils sont concernés le centralisme démocratique et l'intérêt supérieur du parti, ces deux piliers idéologiques qu'ils ont jusqu'ici approuvés et défendus. La clarté aurait été de leur côté s'ils justifiaient d'abord une vraie sortie idéologique de ce système et annonçaient des changements radicaux dans la gouvernance d'une commune. D'autant que si l'un ou l'autre arrive à faire voter en sa faveur le gros du noyau dur de l'électorat communiste, ce qui serait étonnant, tout porte à croire que le bénéficiaire ne demandera qu'à retourner dans le giron de son parti qui l'utilisera alors pour passer un cap difficile et s'en débarrassera ensuite quand les circonstances s'y prêteront mieux. L'un comme l'autre ne vise pas une perspective d'avancées démocratiques solides dans la gestion d'une commune hors de tout verrouillage de l'appareil politique, dans une période où sont attendues des transformations sociales majeures compte tenu de la crise.

À vrai dire, sa chance de durer encore n'est pas négligeable, parce que ailleurs l'offre en liberté d'initiative des citoyens dans les structures autour des élus, en transparence dans la gestion de l'argent public et en capacité à faire vivre ici, sur place, avant des intérêts partisans, l'idéal républicain, n'est pas mirobolante. Après les présidentielles et les législatives, ce sont surtout les élections municipales de 2 014 qui seront déterminantes pour sortir la Réunion de la politique des clans et des tribus.

Aimé LEBON, Bois-de-Nèfles-Saint-Paul

 

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