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Le monde économique réunionnais s’engage dans la lutte contre les drogues et le narcotrafic

Ecrit par Sébastien Gignoux – le mardi 8 septembre 2026 à 12H02

Mobilisés dans le cadre de la grande cause régionale Zéro drogue lancée par le préfet, plus de 400 acteurs du monde économique se sont réunis lors d’un séminaire dédié à la problématique des addictions et du narcotrafic. Ils s’engagent à appliquer la charte « L’espoir » dans leurs sociétés.

Ils étaient plus de 400 chefs d’entreprise réunionnais à se réunir lundi 7 septembre dans l’auditorium du Crédit Agricole à Saint-Denis, à l’occasion d’un séminaire consacré à la lutte contre la drogue et le narcotrafic à La Réunion. Avec plusieurs tables rondes animées par des professionnels de la justice, des forces de sécurité, de la santé publique ou de l’addictologie, mais aussi des témoignages de situations vécues, ces responsables de société venus en nombre ont eu droit à un tableau précis et concret du phénomène auquel l’île fait face depuis déjà plusieurs années.

La drogue, "un fait de société total"

Une affluence saluée par le préfet Patrice Latron, auteur d’un appel « à la mobilisation générale » contre les stupéfiants en avril dernier. « Votre présence montre que le monde économique regarde la réalité en face et a conscience de ce fléau » adresse le représentant de l’Etat aux participants, convaincu que « l’on peut encore essayer de sauver La Réunion grâce à ses ressources morales, ses valeurs familiales et les liens forts qui existent intra et intercommunautaires. »

Evoquant « un fait de société total », la drogue doit, pour le préfet faire l’objet de l’attention de tous, y compris dans la société civile. « La répression, c’est notre problème, mais sur la prévention, tout le monde à un rôle à jouer : le Grand Port a signé une charte, l’aéroport va le faire, les représentants des cultes également, et là c’est le monde économique », rappelle Patrice Latron.

"La drogue, c’est un business, La Réunion un marché à prendre"

Des entreprises tout aussi concernées par le phénomène : « un salarié qui se drogue, ça peut représenter de l’absentéisme, des accidents du travail, des mauvais comportements, mais également des familles touchées, des pères et des mères préoccupés pour leurs enfants », déroule le préfet, alertant les patrons sur « ces salariés surchargés qui peuvent être tentés d’avoir recours à la cocaïne pour tenir le coup. »

Quel rôle pour les entreprises dans ce combat pour le « Zéro drogue » à La Réunion ? « Vous pouvez informer, sécuriser, orienter, bref, accompagner ceux qui sont en difficultés » invite Patrice Latron, en parlant le langage des affaires : « La drogue, c’est un business. Il y a une offre, une demande, et La Réunion est encore un marché à prendre », prévient-il.

Lire aussi : La Réunion et la drogue, pourquoi le phénomène, qui reste "croissant", inquiète les autorités

"Une jeunesse à préserver"

Coorganisatrice de l’événement avec le club « Les entreprises s’engagent », Shenaz Zadvat rappelle que « en 2025 à La Réunion, c’est une mule arrêtée chaque semaine, et 60 kg de cocaïne saisis, mais aussi des jeunes qui expérimentent l’ecstasy trois fois plus qu’en Hexagone. »

« Nous avons une jeunesse à préserver, une société à protéger et nous devons pouvoir agir avant la première consommation », souhaite la cheffe d’entreprise.

Aussi, les instances représentatives de l’entreprenariat à La Réunion ont adhéré à la charte « L’espwar », comportant « trois niveaux d’engagement à mettre en œuvre au sein de l’entreprise » pour accompagner les salariés en prise directe ou indirecte avec les addictions. Et répandre le message : « Zero drogue à La Réunion. Pa tèr la ! »

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