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Le préfet veut faire de la lutte contre les drogues à La Réunion "une grande cause régionale"

Ecrit par Gignoux Sébastien – le lundi 27 avril 2026 à 17H13

Face à l’apparition de nouvelles drogues et leur pénétration dans la société réunionnaise, le préfet Patrice Latron appelle à la « mobilisation générale. » Un plan d’action mêlant prévention et répression, et impliquant un maximum de partenaires, va être lancé d’ici fin juin.

« J’ai la faiblesse de croire qu’on peut encore au moins essayer de faire quelque chose. » C’est un préfet plutôt optimiste qui a tenu à lancer lundi 27 avril un « appel à la mobilisation générale » contre le phénomène de la consommation de drogue à La Réunion.

« De tous les maux qui pèsent sur la société réunionnaise, c’est celui qui me paraît le plus dangereux » a-t-il lancé avant de présider un comité de pilotage sur les addictions aux airs de branle-bas de combat, alors que tous les indicateurs confirment une progression massive de la consommation de stupéfiants dans l’île. Et notamment de nouveaux produits venus s’ajouter aux « traditionnels » alcool et zamal : cocaïne, ecstasy, crack, mais aussi Dou, chimique, B13…

Impliquer un maximum d’acteurs

Des produits de synthèse aux effets souvent « dévastateurs », d’un point de vue sanitaire et social. Illustration de cette progression soutenue : entre 2024 et 2025, ce sont + 72 % d’infractions à la législation sur les stupéfiants qui ont été constatées, tandis que le nombre de mules arrêtées à Gillot a doublé, passant de 23 à 58 en un an.

Lire aussi : L’État lance sa campagne anti-mules par un contrôle musclé à Roland-Garros

Avec un plan d’action qu’il dévoilera le 26 juin prochain à l’occasion de la journée internationale de lutte contre le trafic de drogue, Patrice Latron souhaite donc frapper fort, en impliquant un maximum d’acteurs de la société réunionnaise : forces de l’ordre, services de santé et associations dédiées bien sûr, mais aussi élus locaux, milieu scolaire, entreprises, médias et influenceurs.

"Une campagne aussi importante que le sida, l’alcool ou le chik"

« Il s’agira de faire de la communication, de la pédagogie, de l’éducation, avec une campagne aussi importante que ce qu’on a fait pour le sida, les violences intrafamiliales, l’alcool ou le chik », souhaite le préfet, avec des supports « agressifs. » « Oui, je pense qu’il faut faire peur, il faut montrer la dégradation humaine et sociale qui vient avec la consommation de drogue », insiste le représentant de l’Etat.

Objectif : dissuader, notamment les plus jeunes, de mettre un doigt dans l’engrenage. « Il faut leur apprendre à savoir dire non », abonde le directeur général de l’agence régional de santé (ARS), Jean-Jacques Coiplet. « Il y a un constat alarmant, et il s’agit de contenir le phénomène et protéger la société.  Cette problématique des stupéfiants s’accompagne souvent de précarité, de mal-être et de problèmes de santé mentale », rappelle-t-il.

"Tous les territoires, toutes les classes sociales concernées"

Pour cet effort de prévention, la préfecture veut encourager les campagnes de communication visuelles, mais pas seulement. « Il faut que chaque euro mobilisé sur les différents appels à projets serve à parler de cette problématique », indique Frédéric Sautron, sous-préfet délégué à la jeunesse et à la cohésion sociale. « Il faut faire infuser ce message dans tous les territoires, dans toutes les classes sociales car tous sont concernés », souligne-t-il.

Ce comité de pilotage regroupant une cinquantaine de participants a débuté avec la projection du témoignage d’un jeune Réunionnais tombé dans l’alcool et la cocaïne, et qui raconte sa descente aux enfers. « Il nous faut des témoins qui savent de quoi ils parlent, des influenceurs qui savent toucher les jeunes, le message ne peut pas venir que du préfet », explique Patrice Latron.

"On ne tape pas assez sur les consommateurs"

Un volet « prévention » qui s’accompagnera aussi d’un effort de répression soutenu. « Pas seulement sur les trafiquants. Il s’agit d’un business, avec de l’offre mais aussi de la demande. On tape sur les vendeurs, mais pas assez sur les consommateurs » estime le préfet. 

En trois ans pourtant, de 2022 à 2025, les amendes forfaitaires délictuelles infligées aux usagers ont fait un bond de + 400 %, s’approchant des 3 000 contraventions à 200 euros l’an dernier.

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