La Réunion et la drogue : pourquoi le phénomène, qui reste "croissant", inquiète les autorités

Concocté par l'État, le plan de lutte contre la drogue et le narcotrafic doit être présenté en grande pompe ce vendredi 26 juin en présence de la Mildelca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) et de 500 participants "engagés" dans cette lutte. Retour sur une année marquée par les stupéfiants.
C'était à la fin de l'année 2025. Lors d'un contrôle en présence des autorités, au détour d'une interview, le préfet Patrice Latron avait teasé auprès de la presse l'annonce d'un plan contre la drogue. Cette semaine, les médias de l'île, dont Zinfos974, ont reçu un carton d'invitation numérique pour s'inscrire à cette conférence de presse.
Trois points sont soulignés dans cette invitation : "Prévenir pour développer un premier rempart contre les addictions et les trafics", "réprimer pour neutraliser et désorganiser les réseaux criminels par une action renforcée des services de l’État" et enfin "communiquer pour mobiliser durablement l’ensemble des acteurs du territoire autour d’une cause collective".
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Qui plus est, le mail détaille la présence de 500 participants "qui souhaitent d’ores et déjà s’engager personnellement dans ce combat." Le but de ce séminaire est de présenter le grand plan contre les stupéfiants.
La lutte contre la drogue, une grande "cause régionale" pour le préfet
Avant de découvrir tous les tenants et aboutissants de ce plan, revenons sur ce qui a été dit et fait concernant les stupéfiants à La Réunion. Depuis quelques années, de nouvelles drogues ont fait leur apparition sur le marché parallèle : les dérivés de la cathinone caracolent en tête, aux côtés de la cocaïne et du crack.
En avril dernier déjà, Patrice Latron avait appelé à la "mobilisation générale" de tout un chacun pour lutter contre les stupéfiants et faire de cette dernière une "cause régionale". Des chiffres ont été rappelés : entre 2023 et 2025, on observe une hausse de 75 % des infractions liées aux stupéfiants. Là où les chiffres sont en nette hausse, c'est pour l'interpellation de "mules" arrivées à La Réunion.
En fin d'année dernière, les douanes ont publié un bilan sur ces arrestations : 48 passeurs ou passeuses interceptés à l'aéroport, près de 500.000 euros en liquide saisis et 228 kilos de drogues saisis sur la seule année 2025. Des chiffres plus élevés que les années précédentes.
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"Fais pas ta tête de mules" ou la politique -très- répressive made in Réunion
Dans la foulée de cette fin d'année 2025, la préfecture nous a conviés à l'aéroport Roland-Garros pour nous présenter une toute nouvelle campagne publicitaire : un affichage montrant les peines encourues, à La Réunion, pour les passeurs et passeuses de drogue.
Cette campagne illustre la justice qui s'applique bien souvent au tribunal pour l'un des premiers maillons de la chaîne dans un trafic de stupéfiants : les peines varient entre 3, 4, voire 5 ans de prison ferme. Une politique qui, largement conspuée par les avocats de la défense, pose la question de son efficacité.
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Le premier effet immédiat a été d'aggraver la surpopulation carcérale : en témoignent les acteurs du monde pénitentiaire, qui tirent la sonnette d'alarme. Exemple au quartier féminin de Domenjod, où l'on observe plusieurs détenues entassées dans une cellule. La plupart de ces détenues sont des passeuses, souvent victimes des narcotrafiquants.
Des procès pour stupéfiants médiatisés
Le dernier volet de cet état des lieux concerne les procès où l'on juge des trafiquants, et non des passeurs payés un Smic pour faire le voyage jusqu'à La Réunion. En juin dernier, on a eu l'exemple de Bertrand de Boisvilliers, ex-directeur de cabinet de Maurice Gironcel, qui a écopé d'une peine de quatre ans de prison ferme. On parle ici d'un procès entre Maurice et La Réunion, où douze prévenus étaient présents au tribunal.
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Autre grosse tête d'affiche : Yannis Bley. Le Francilien a été au cœur d'au moins deux procès cette année. Lors de ces différents procès, il était considéré comme un détenu sous haute surveillance. En mars dernier, il écope de 8 ans de prison pour un trafic organisé entre Paris et La Réunion. Un autre dossier le concernait alors qu'il était soupçonné de continuer à s'occuper de son réseau en détention. C'était d'ailleurs la première fois qu'un détenu réunionnais rejoint la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil.
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Au final, nous avons en bout de chaîne le consommateur : cette semaine, le centre d'addictologie du CHU Nord a ouvert ses portes à la presse. Le constat est sans appel : de plus en plus de patients viennent pour des addictions liées à la consommation de ces nouvelles drogues.
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C'est donc face à un nombre croissant d'arrivées de passeurs, l'importation de diverses drogues, la recherche et le démantèlement des filières, la prise en charge des consommateurs que va s'orienter le plan #Zérodrogue de la Préfecture.


