Le mandataire automobile profite des failles du système et arnaque 480.000 euros

"Plus le temps passait, plus je m'embourbais. Je n'ai ensuite pas su m'arrêter". Il faudra que les victimes escroquées par Ludovic Mussard entre 2018 et 2019 se contentent de ses maigres explications. Le quadragénaire a tenté de convaincre le tribunal correctionnel que son intention n'était pas de se faire de l'argent sur le dos des autres lorsqu'il a créé sa boite en 2017 au nom de son ex-compagne. En vain. "Vous n'avez jamais passé de commandes en Allemagne", tacle Me Ingrid Blameble, une des avocates des 14 parties civiles.
14.800 euros mensuels puis les minima sociaux
Après s'être octroyé 14.500 euros mensuels pendant 18 mois, c'est aujourd'hui grâce aux minima sociaux que le prévenu survit. En faillite, ce père de trois enfants de différents lits ne règle pas de pension alimentaire. À la barre, il s'enfonce et finit par reconnaitre être sous le coup d'une expulsion de son logement pour défaut de paiement de loyers doublé d'un conflit administratif avec la CAF.
Hier disc-jockey, l'homme aux jambes fines et au torse imposant essaye de se rattraper en exposant son intention de "se lancer dans le sport". Mais rappelé à l'ordre par le président à cause des mains qu'il garde dans ses poches, l'intéressé justifie son manque de tenue par des douleurs au genou.
La salle pouffe de rire, mi-agacée, mi-moqueuse. Le prévenu n'a en effet rien d'un sportif et son idée de reconversion professionnelle sonne comme une nouvelle lubie. "Vous n'avez pas encore commencé à rembourser le moindre euro aux personnes que vous avez arnaquées" rappelle le parquet qui reste terre à terre.
Aujourd'hui en plein naufrage financier, Ludovic Mussard a profité d'une faille dans le système qui lui a permis de devenir mandataire automobile du jour au lendemain sans aucune compétence en la matière. Qualifié de "roublard", le mis en cause a utilisé "des manœuvres grossières" pour monter une structure qui ne reposait sur rien. Des familles ont mis toutes les économies, d'autres ont contracté des prêts et ont tout perdu.
Comme l'avait requis la procureure de la République, Ludovic Mussard a été condamné à 3 ans de prison, dont 2 avec sursis probatoire, une peine aménageable. Il écope d'une interdiction d'exercer une activité commerciale pendant 10 ans. Il devra rembourser les sommes escroquées aux parties civiles, indemnisées à hauteur de 1000 euros chacune au titre des dommages et intérêts.


