Le maire de Saint-Leu demande le concours de la force publique pour expulser le Namasté et la Banane

Dans un rapport d'information aux élus de Saint-Leu, le maire Bruno Domen indique avoir demandé le concours de la force publique afin de procéder à l'expulsion des commerçants du Namasté et de la Banane, conformément à une ordonnance de justice du 12 février dernier.
L'issue du combat mené par les gérants respectifs du restaurant le Namasté et du snack-bar la Banane semble proche. Dans un rapport d'information présenté aux élus du conseil municipal le 22 mai dernier, la mairie de Saint-Leu a fait part de sa décision d'accélérer la fermeture des deux derniers établissements en activité sur trois parcelles communales situées à l'entrée ouest de la ville.
Sur les réseaux sociaux, la cogérante du Namasté déplore que malgré une pétition ayant réuni « 4.000 citoyens et contribuables » en faveur du maintien du restaurant thaïlandais, et en dépit aussi de « procédures judiciaires en cours », la mairie de Saint-Leu a choisi de rompre le dialogue.
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« Malgré une demande officielle à la CADA [Commission d'accès aux documents administratifs, Ndlr], il est toujours impossible d’obtenir les plans du projet censé justifier ces expulsions. Une transparence pourtant obligatoire dans toute démocratie digne de ce nom », écrit sur son post la cogérante du Namasté.
Un bail dérogatoire achevé depuis août 2024
En avril dernier, la ville nous avait répondu que le projet d'aménagement du front de mer restait soumis à de derniers arbitrages. Elle rappelait qu'elle avait, plutôt que d'appliquer une précédente ordonnance d'expulsion en date de juillet 2021, accordé un bail dérogatoire de trois ans aux commerçants, justement pour leur donner le temps de préparer leur départ.
Depuis l'échéance de ce bail, en août 2024, le Namasté et la Banane ont fait le choix de maintenir leurs activités. Le 12 février dernier, le tribunal judiciaire de Saint-Pierre, saisi par la ville de Saint-Leu, constate que les sociétés occupent les parcelles communales sans droit ni titre, et décide d'une nouvelle ordonnance d'expulsion.
En réponse, les commerçants assignent la commune devant la Cour d'appel de Saint-Denis pour demander l'annulation de l'ordonnance d'expulsion. Tandis que la collectivité, elle, engage une procédure de radiation du dossier du rôle des affaires, en arguant que les commerçants n'ont pas réglé l'indemnité provisionnelle d'occupation mensuelle à laquelle ils avaient été condamnés.
Le Namasté a réglé ses indemnités de justice
Gaétan Certenais, le gérant du Namasté, nous a fait parvenir un bordereau de la Direction générale des finances publiques attestant que sa société a réglé, courant mai 2025, le montant de l'indemnité réclamée par la justice (environ 12.000 euros), après avoir payé en juin 2024 des arriérés de loyers pour une somme d'environ 14.000 euros.
Dans sa note d'information présentée aux élus du conseil municipal de Saint-Leu le 22 mai dernier, la ville assure que les précédentes procédures menées entre 2005 et 2023 par l'ancien locataire pour contester son expulsion auraient coûté 50.000 euros à la collectivité. Alors même qu'il sous-louait les parcelles à des commerçants, durant la même période, pour un montant d'environ 65.000 euros par an.
Le maire Bruno Domen expose dans le document que « compte tenu de la nécessité pour la ville de mettre fin à cette occupation illégale et de récupérer ce foncier stratégique acquis en 1991, le concours de la force publique a été sollicité afin de permettre l'exécution de l'ordonnance du 12 février 2025. » La balle est désormais dans le camp des services de l'État.



