Le je-m’en-foutisme d’un chauffard impénitent

Hier, un Portois de 32 ans a été condamné à 15 mois de prison dont six avec sursis probatoire pendant deux ans. Le 7 novembre, Kévin M. avait été contrôlé au volant d’un véhicule sans permis, sans assurance mais avec une bonne dose d’alcool dans le sang. Le tout en état de récidive.
Le 7 novembre dernier, une patrouille de police du Port croise la route d’une Citroën Jumper qui roule à vive allure. Le conducteur est prié de s’arrêter. Les policiers lui réclament ses papiers mais il est bien incapable de les donner. Et pour cause puisqu’il n’a ni permis ni assurance pour conduire le Jumper, acheté deux jours avant. Pour compléter le tableau, Kévin M. est contrôlé positif avec un taux d’alcoolémie de 1,78 gramme par litre de sang.
Vérification faite, il s’avère que le Portois de 34 ans n’est pas un novice en matière de délit routier. Son permis a été annulé en octobre 2019 et il ne l’a jamais récupéré depuis lors. Par contre, il a été condamné en février 2024 pour conduite sans permis et sans assurance. Ce qui fait de lui un récidiviste. Son casier, fort de 13 mentions dont 5 pour des délits routiers, révèle encore qu’il a conduit sous l’emprise de l’alcool en 2023. Ou encore qu’il a provoqué un accident en 2015 avec des blessés alors qu’il avait pris le volant en ayant consommé des produits stupéfiants.
« Vous faites croire aujourd’hui à un quiproquo »
A la barre, Kévin M. fait montre d’un je-m’en-foutisme teinté de nonchalance. Le défaut de permis de conduire ? « Je ne savais pas que mon permis était annulé et puis j’ai reçu un courrier de la préfecture », se dédouane-t-il. Confus, il tente ainsi de faire croire que le courrier en question était un sésame l’autorisant à reprendre le volant.
« Vous faites croire aujourd’hui à un quiproquo mais vous aviez bien compris que votre permis avait été annulé quand vous aviez reconnu les faits en CRPC », lui oppose la présidente du tribunal. « Il fallait faire un stage de récupération de points mais je ne l’ai pas fait », élude-t-il. « Ça n’était pas une suspension de permis mais bien une annulation et il fallait repasser un examen », tranche la présidente.
« J’ai conduit pour récupérer un sandwich »
« Vous saviez quand même que vous n’étiez pas assuré ? », poursuit-elle. « Ce n’est pas la meilleure chose à faire », concède-t-il. L’alcool au volant ? « J’avais bu quelques verres au bar puis j’ai conduit pour récupérer un sandwich parce que la distance n’était pas trop loin (sic). » La présidente lui rappelle qu’il a déjà été condamné pour avoir occasionné des blessures involontaires alors qu’il était sous l’emprise de stupéfiants.
Le prévenu s’en agace. « Là, je n’ai pas pris de stupéfiants mais juste un peu d’alcool. Personne n’est parfait… » « Vous savez que vous risquez la prison… », le reprend la juge. « Faites votre boulot Madame, je me suis préparé psychologiquement pour ça avec mon avocate », coupe l’insolent.
« Les aménagements de peine ne semblent pas audibles pour lui »
« Vous savez que l’on a 35 fois plus de chance de commettre un accident quand on dépasse de deux fois la limite d’alcool ou de vitesse autorisée », indique la représentante du ministère public en préambule de son réquisitoire. Elle rappelle que le prévenu est sorti de détention le 28 janvier dernier après avoir purgé un an de prison, issu de la révocation de trois peines avec sursis placées au-dessus de sa tête. Signe qu’il n’a pas respecté ses obligations.
« Les aménagements de peine ne semblent pas audibles pour lui », s’inquiète la magistrate. Aussi, elle requiert 15 mois de prison ferme avec un maintien en détention à son encontre. Au contraire, son avocate plaide pour un aménagement de peine. Le tribunal a été sensible à ses arguments. Kévin M. a finalement été condamné à 15 mois de prison dont six avec sursis probatoire avec obligation de soins, de travailler et de payer une amende de 200 euros, majorée de 50%.


