Lampes LED dans les champs : Extinction Rébellion pointe les impacts écologiques et financiers

L’installation de milliers de lampes LED dans plusieurs champs agricoles de La Réunion suscite la polémique depuis quelques jours. Alors que des collectifs écologistes dénoncent une pollution lumineuse injustifiée et un usage discutable des Certificats d’économie d’énergie, l’État a déjà modifié la réglementation. Reste désormais à déterminer ce qu’il adviendra des installations déjà en place.
L’installation massive de points lumineux dans plusieurs parcelles agricoles de La Réunion suscite des interrogations, notamment de la part du collectif Extinction Rébellion La Réunion. Les militants se sont réunis ce mercredi 3 décembre devant la sous‑préfecture de Saint‑Paul, estimant que ces dispositifs constituent une anomalie écologique et financière.
Hélène Germain, membre d’Extinction Rébellion et à l’origine de cette mobilisation, dénonce : « Ce sont des milliers de LED qui sont implantées dans les champs. C'est une pollution lumineuse. Il y a eu un détournement des fonds destinés aux agriculteurs pour qu'ils remplacent leurs éclairages extérieurs par des LED alimentés par le soleil. La SEOR estime qu'il y a des dizaines de milliers de nouveaux points lumineux, qui vont avoir un impact sur la faune ».
« Une pollution lumineuse inutile, financée par un mécanisme dédié à l’économie d’énergie »
Selon le collectif, des milliers de lampes LED ont été implantées dans des bananeraies, des champs de canne et d’autres exploitations agricoles, là où il n’existait auparavant aucun éclairage. Ils dénoncent « une pollution lumineuse inutile, financée par un mécanisme dédié à l’économie d’énergie ». Les installations seraient issues de la fiche CEE (Certificats d’économie d’énergie) destinée à la « rénovation d’éclairage extérieur », permettant à certains agriculteurs de recevoir gratuitement ces équipements.
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Jean‑Pierrot Pausé, maraîcher à La Bretagne, revient sur l’installation de LED dans son exploitation : « J'ai vu des publicités sur Facebook et j'ai trouvé cela intéressant car à certains endroits j'ai besoin d'éclairer pour travailler tôt le matin. Et puis ils sont arrivés avec 2000 lampes, des caisses entières. J'ai rien payé, mais la facture s'élevait à 78 000 euros, payé par l'État, donc le contribuable. Sur le coût, je me suis pas posé de questions, mais c'est après que j'ai trouvé ça louche. En cherchant sur internet, j'ai vu que c'était quelque chose qui existait aussi dans d'autres DOM. Je me suis senti un peu couillon, et maintenant je me retrouve avec 2000 lampes de mauvaise qualité dont je sais pas quoi faire. J'ai dû tout enlever et je dois les stocker en attendant de trouver une solution. Le pire, c'est qu'ils les installent sur des petits piquets en bois qui s'enfoncent à peine. Résultat, au premier coup de vent, tout s'envole ».
Face aux critiques, les services de l’État ont publié le 25 novembre un arrêté mettant fin à l’éligibilité des exploitations agricoles à la fiche CEE “éclairage extérieur”. Désormais, seules les collectivités et établissements publics peuvent bénéficier de ce dispositif. Les lampes déjà posées restent toutefois en place, soulevant des questions sur leur utilisation à long terme.


