La taxe Zucman rejetée par l'Assemblée mais l'impôt sur la fortune immobilière transformé en « impôt sur la fortune improductive »

À l’occasion de l’examen du budget 2026 à l’Assemblée nationale ce vendredi 31 octobre, les députés ont rejeté la proposition d’instaurer la taxe « Zucman », un impôt visant les ultra-riches, tout en approuvant une révision de l’impôt sur la fortune immobilière désormais rebaptisé « impôt sur la fortune improductive ».
Taxe Zucman : un échec pour la gauche
Conçue pour taxer à hauteur d’environ 2 % les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, la taxe Zucman et sa version allégée ont été rejetées par le bloc central. Le PS s'attendait à un tel rejet malgré l'avoir réclamée depuis des mois. Le gouvernement a estimé que la mesure risquait d’être jugée inconstitutionnelle. « J’ai saisi le Conseil d’État il y a plusieurs jours au sujet de plusieurs amendements relatifs à la taxe Zucman, et celui-ci a confirmé qu’ils n’étaient pas conformes à la Constitution », a ainsi indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu, en séance ce vendredi soir.
Réaménagement de l’IFI
Dans le même temps, les députés ont adopté la transformation de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) afin de cibler les « biens improductifs » – yachts, œuvres d’art, résidences secondaires, assurances-vie non investies – plutôt que les seuls biens immobiliers. La mesure, votée de justesse, 163 voix pour et 150 contre, illustre la fragilité des équilibres politiques à l'Assemblée.
L’IFI concerne les personnes physiques (résidentes fiscales françaises ou non) dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d’euros au 1er janvier de chaque année. Cela représente environ 150 000 foyers en France. Le taux d’imposition est progressif, de 0,5 % à 1,5 %, selon la valeur totale du patrimoine.
Pourquoi cette réforme était-elle controversée ?
Le passage de l’ISF à l’IFI en 2018 a été l’une des mesures les plus contestées du premier quinquennat Macron. Beaucoup y ont vu un « cadeau aux riches », car les actifs financiers (actions, participations dans des entreprises, etc.) — souvent détenus par les ménages les plus aisés — avaient été exclus de l’impôt. L’objectif affiché du gouvernement était de favoriser l’investissement dans l’économie réelle, en encourageant les fortunes à placer leur argent dans des entreprises plutôt que dans l’immobilier. Mais les effets positifs de cette mesure sur l’investissement restent difficiles à prouver selon les économistes.
Ce qui change avec le projet d’“impôt sur la fortune improductive”
Ce 31 octobre 2025, dans le cadre de l'examen du budget 2026, les députés ont voté une révision de l’IFI. Ce nouvel impôt, baptisé « impôt sur la fortune improductive », vise à étendre la taxation à certains biens jugés non productifs comme les résidences secondaires sous-utilisées, les yachts, certaines assurances-vie dormantes, ou encore des œuvres d’art considérées comme placements spéculatifs. L’idée est de corriger les effets d’aubaine du dispositif actuel et de rendre la fiscalité du patrimoine plus juste, sans pour autant rétablir l’ancien ISF.


