La Réunion des Hauts : Terre d'inégalités

L’étude réalisée en partenariat avec la Région et publiée ce jeudi par l'Insee porte sur les Hauts de l’île, qui couvrent 77% du territoire réunionnais* et sa population. Des informations recueillies qui vont être utilisées dans l'élaboration du Schéma d'aménagement régional (SAR) par la collectivité.
Un habitant sur 5 vit dans les Hauts
En 2020, ce sont 180 000 personnes qui résident dans les Hauts, soit un habitant sur cinq de La Réunion. La population y connaît une augmentation un peu plus marquée que dans le reste du département en 10 ans (+7% contre +6% dans les Bas). C’est le cas notamment dans l’Ouest et le Sud, qui accueillent désormais trois habitants des Hauts sur quatre.
Les habitants des Hauts se concentrent en majorité dans la microrégion Sud avec 47% des habitants des Hauts sur son territoire (soit 85 100 habitants) tandis que le Nord compte 11% d’habitants des Hauts, soit 19 200 personnes.
Plus de couple avec enfants, plus de propriétaires, mais aussi plus de pauvreté et moins d’emploi
Dans les Hauts, on retrouve davantage de couples avec enfants qu'ailleurs (49% contre 41% dans les Bas). Ce sont aussi plus de neuf habitants sur dix qui vivent dans une maison et sept ménages sur dix sont propriétaires de leur logement.
En parallèle, la pauvreté monétaire y est plus prégnante qu’ailleurs et concerne 40 % des habitants. La population est moins diplômée avec 46% des 15-64 ans diplômés contre 65% dans les Bas. Elle est également un peu moins bien insérée sur le marché du travail, avec 46% d’emploi contre 48% dans les Bas.
Une diversité dans les Hauts
L’étude souligne que les Hauts de La Réunion ne constituent pas un territoire homogène. L’Insee distingue trois groupes : les Hauts moins défavorisés, les Hauts en mutation et les Hauts isolés.
Dans les Hauts des environs de Saint-Denis, de Saint-Pierre et à La Plaine-des-Palmistes, la population est un peu moins défavorisée. Ici, la pauvreté monétaire est comparable à celle des Bas et la population est mieux insérée dans l’emploi, avec 52% des 15-64 ans en emploi.
À l’inverse, d’autres territoires des Hauts, souvent proches de la frontière entre Hauts et Bas, sont plus pauvres (44% des habitants concernés). La population, qui a fortement augmenté entre 2010 et 2020, y est plus éloignée de l’emploi, avec seulement 42% des personnes en âge de travailler qui disposent d’un emploi. Il s’agit d’une part de territoires en mutation situés dans les Hauts de l’Ouest et du Sud de l’île, marqués par un net développement du logement collectif sur la période comprise entre 2010 et 2020.
Le troisième groupe comprend les “Hauts plus isolés”, avec notamment les cirques, les Hauts de l’Ouest et le Sud Sauvage. Marqué par un certain enclavement, le niveau de qualification des habitants y est particulièrement faible, avec la moitié des plus de 15 ans non diplômés, contre 43% sur l’ensemble des Hauts. La pauvreté touche une part importante de la population (soit 45%) et l’accès à l’emploi est encore plus faible que dans les territoires en mutation (41%).
Ici, être propriétaire de sa maison reste la situation majoritaire et contrairement au reste des Hauts qui connaît une évolution dynamique, le nombre d’habitants stagne.
*Depuis 2007, « les Hauts » correspondent à l’aire d’adhésion maximale du Parc National.


