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​La Réunion a "la tomate la moins chère de France"

Le prix du kilo de tomates fait souvent grincer des dents les consommateurs, pourtant l’île dispose des meilleurs tarifs de toute la France à l’année.
Ecrit par Sophie Fontaine – le mercredi 22 février 2023 à 06H00

Les Réunionnais sont de grands consommateurs de tomates, indispensables dans les rougails et caris (la différence étant expliquée ici).

Des tomates à 8 euros le kilo - quand certaines sont encore vertes et d’autres carrément flétries - c'est un coup au porte-monnaie qui agace de façon récurrente les Réunionnais durant les quelques mois de la période cyclonique : “Quand il y a cyclone, on débâche les serres et la tomate plein champ, il n’y en a plus. Le produit étant très rare, le prix augmente”, concède Bruno Robert, le vice-président de la chambre d’Agriculture.

Malgré tout, sur l’année, la tomate est moins chère sur l’île que partout ailleurs en France. “Un kilo de tomate en métropole coûte autour de 2 euros. Chez nous, le kilo vaut entre 90 et 99 centimes en période de production”, avance-t-il.

Le prix imbattable des tomates produites localement s’explique notamment par un accompagnement financier de la filière par l'État et l'Union européenne : “La tomate a été très accompagnée parce qu’il s'agit d’un produit clé à La Réunion. Il fait partie de la composition principale de nos caris”.

"De la tomate sur les marchés toute l'année, parfois même trop"

Le fruit (au sens botanique), et légume (au sens culinaire), arrive en tête des productions de fruits et légumes sur l’île, devant les salades, les brèdes, le chou et le chouchou !

Grâce à l’effort des agriculteurs, l’organisation des coopératives agricoles et l’implantation de serres, La Réunion a réussi à être autosuffisante sur la tomate fraîche, de janvier à décembre, le pic de saison s'étalant de mai à décembre: “Sauf accident climatique, on a toute l’année suffisamment de tomates sur les marchés, parfois même trop”, précise Bruno Robert.
 

En matière de transformation, "la concurrence est rude"

Pour pallier aux hausses des prix qui peuvent survenir en cas d’aléa climatique, les tomates en conserve sont prises d’assaut. Sur ce marché-là, la concurrence est rude : “Les tomates en conserve, origine Italie, sont récoltées à la machine avec de grosses unités de production, c’est beaucoup plus difficile, globalement, pas que sur la tomate, de concurrencer l’extérieur hors frais”, explique le premier vice-président de la chambre verte.

Il poursuit : “Dès que l’on parle de transformation, il y a une volonté de la concurrence d’écraser les prix. Ce sont d’énormes structures, ce qui nous rend beaucoup moins concurrentiels”.

La transformation des tomates péi a tout de même son rôle à jouer, notamment en période de surproduction et “qu’au lieu de gaspiller, il faut utiliser”. Cela se fait : “Quand il y a des marchés supplémentaires, ils sont vendus [à une société de production et de commercialisation de produits agroalimentaires locale], qui les transforme en tomates en boîte”, à ranger à température ambiante dans les placards.

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