La mise en cause du directeur adjoint de la police réunionnaise pour harcèlement sexuel fait des remous jusqu’à Paris

L’enquête interne menée par l’IGPN sur des faits présumés de harcèlement sexuel visant le directeur territorial adjoint de la Police nationale à La Réunion suscite un certain malaise dans l’institution. Selon Le Monde, l’affaire a été évoquée par des organisations syndicales à Paris, pressant leur direction de rendre « un arbitrage » rapide dans ce dossier.
L’affaire suscite un certain malaise dans les rangs des policiers réunionnais, mais pas seulement. La mise en cause du directeur territorial adjoint de la Police nationale pour des faits présumés de harcèlement sexuel sur une attachée administrative fait des remous jusque dans les instances paritaires nationales, comme le relate un article publié par Le Monde mardi 28 avril.
Selon le quotidien, la question a été évoquée à l’occasion d’un comité social administratif de réseau Police nationale le 29 mars dernier, au cours duquel la Fasmi, fédération autonome des syndicats du ministère de l’Intérieur regroupant huit organisations dont UNSA police, le Syndicat des commissaires de la Police nationale ou encore l’Union des officiers UNSA, a réclamé une décision rapide de la direction générale dans ce dossier.
"Apaiser le climat ambiant"
« La mise en cause du DTPN adjoint fait aujourd’hui l’objet d’une médiatisation qui n’est pas de nature à apaiser le climat ambiant et qui nécessite un arbitrage de la DGPN » souligne la Fasmi, citée par le quotidien national.
En cause, l’incompréhension que provoquent la relative lenteur de la procédure et l’absence de mesures conservatoires prises à l’encontre du mis en cause, qui continue d’exercer ses fonctions alors que la fonctionnaire ayant signalé les faits est, elle, en arrêt de travail depuis le mois d’octobre dernier.
D’aucuns se sont d’ailleurs étonnés de voir le commissaire divisionnaire de 54 ans siéger aux côtés du préfet et de plusieurs représentants des services de l’Etat à l’occasion de la présentation du nouveau plan d’action contre l’usage de stupéfiants lundi 27 avril à la préfecture, alors que, en parallèle, le dossier semble faire état de la grande souffrance psychologique de l’agente.
"Accident imputable au service"
Selon les éléments relayés par Le Monde, la quadragénaire a dénoncé des « regards insistants », « remarques déplacées », et autres « commentaires sur son physique » entre juillet et septembre 2025, l’ayant plongée dans un état « d’anxiété » et de « vigilance constante » au point qu’elle a été placée en arrêt de travail. Un état de stress important, conséquence d’un « accident imputable au service » selon le comité médical chargé d’examiner le dossier, indique encore Le Monde.
Pas de plainte déposée
Mais alors que la présomption d’innocence reste de mise et que l’affaire en est toujours à un stade purement administratif – l’attachée administrative n'ayant, selon le journal, pas souhaité saisir la justice pour le moment – la situation provoque une incompréhension en interne, dans une institution qui se pose en première ligne dans la lutte contre les atteintes faites aux femmes.
Dans un communiqué, l’Union des femmes réunionnaises avait d’ailleurs réagi en ces termes : « Si ces faits étaient confirmés, ils constitueraient une faute d’une extrême gravité d’autant plus insupportable qu’ils interviendraient au sein même d’une institution chargée de protéger les victimes. »
Des décisions attendues "rapidement"
Les conclusions de l’enquête de l’IGPN, qui s’est rendue dans l’île au mois de février dernier pour auditionner le numéro 2 de la police réunionnaise, ne sont toujours pas connues à ce stade. Mais dans les rangs de la police locale, on assure que « l’affaire n’a pas été étouffée et a suivi la procédure normale » et que « des décisions vont intervenir rapidement. »
Contacté par Zinfos974, le directeur adjoint n’a pas souhaité faire de déclaration, alors que la procédure est toujours en cours.


