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La mère et la sœur d'un tortionnaire condamnées pour non dénonciation de crime et non assistance à personne en danger

Condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir fait subir un enfer à sa compagne séquestrée pendant six jours, Grégory Richard avait commis les faits alors qu'il était en libération conditionnelle. Sa mère et sa sœur pouvaient-elles ignorer qu'il était un fauve incontrôlable face à sa compagne qui vivait dans des conditions misérables à ses côtés ? Certainement pas, a estimé le tribunal.
Ecrit par Isabelle Serre – le lundi 26 septembre 2022 à 12H01

Février 2021, après deux jours de procès, Grégory Richard était condamné à 30 ans de réclusion criminelle, assortis d'une peine de sûreté des deux tiers et d’un suivi socio-judiciaire de trois ans. L'homme de 37 ans était  reconnu coupable de viol aggravé, séquestration et acte de torture avec la circonstance aggravante en raison de son état de récidive. C'est un véritable enfer qu'il a fait vivre à sa compagne de 29 ans avec qui il s'était mis en couple en 2018.

Au mois d'août de la même année, dans leur domicile de Bellemène qu'il partageait avec sa mère installée au premier étage, le trentenaire d'une extrême violence avait séquestré sa victime pendant six jours. Ligotée, elle avait subi une avalanche de coups lui cassant plusieurs dents, des viols et des brûlures de cigarette. Tous deux s'étaient rencontrés sur internet.

Grégory Richard n'en était pas à son coup d'essai. En 2011, il avait été condamné par la cour d'assises à dix ans de prison pour enlèvement, séquestration et viol. Cinq ans plus tard, il avait été remis en liberté et avait renouvelé les faits avec une autre femme, alors qu'il se trouvait en libération conditionnelle.

Enfermée dans une prison psychique

Vendredi dernier, en marge de la condamnation de 2021, la sœur et la mère du condamné comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis.  La première soupçonnée de ne pas avoir appelé les secours alors qu'elle ne pouvait pas ignorer ce qui se passait au sous-sol de la maison saint-pauloise. "Connaissant le passé et la personnalité de votre frère, si vous l'entendez hurler alors qu'il est seul avec sa compagne, à votre avis qu'est-ce qu'il se passe?", a questionné la représentante de la société.

L'enquête avait démontré que la sœur était partie se réfugier chez des proches. Ces derniers avaient confirmé qu'elle connaissait très bien le profil de son frère et savait que la nouvelle compagne était enfermée dans une prison psychique. "Elle était terrorisée, raison pour laquelle elle a choisi la fuite. Et au moment des faits, elle ne pouvait pas savoir quel allait être leur degré de gravité", a plaidé son avocat Me Jean-Christophe Molière, demandant au tribunal de la relaxer.

Elle nettoie des draps tachés de sang et jette des touffes de cheveux

Quant à la mère, il lui était reproché d'avoir nettoyé la scène de crime, lavé les draps tachés de sang, jeté des touffes de cheveux et fait le ménage dans la pièce. Des faits quasiment reconnus lors de ses auditions au moment de son placement en garde à vue mais fermement réfutés face aux magistrats de Champ-Fleuri. "Tout le monde savait ce qu'il se passait. Le couple vivait dans un taudis. L'enfant de la victime, âgé de six ans, était témoin des coups que prenait sa mère. Il a été giflé lui aussi. Après avoir été tabassée, madame ne pouvait plus marcher et son œil était si tuméfié qu'on ne pouvait plus voir de blanc. Vous n'avez rien fait pour l'aider alors qu'elle aurait pu échapper au pire", a fustigé l'avocate de la partie civile, Me Amel Khlifi-Ethève.

"Je n'y vois pas bien. Les cheveux auraient pu provenir de la perruque de la fille ou bien de déchets ramenés par le chien. J'ai fait le ménage comme d'habitude sans rien remarquer", a affirmé la mère de famille pour se défendre. Des arguments repris par son avocat, plaidant également la relaxe de sa cliente au motif qu'elle ne savait rien.

Le tribunal en a décidé autrement. La mère et sa fille sont condamnées respectivement à 18 et 12 mois de prison avec sursis. Elles devront indemniser la victime pour son préjudice à hauteur d'environ 7000 euros.

 

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