La lave va-t-elle filer vers les Grandes Pentes ? La "plomberie magmatique" reste un mystère

Après deux interruptions depuis février, l’éruption du Piton de la Fournaise a repris ce mercredi 8 avril. D’abord détectée par les instruments, elle s’est finalement confirmée dans la journée avec le retour d’un lac de lave dans le cône éruptif. Explications avec la directrice de l'Observatoire du Piton de La Fournaise, Aline Peltier.
Le Piton de la Fournaise n'en a pas fini de surprendre. Après deux interruptions depuis février, l’éruption a repris ce mercredi 8 avril. Dès les premières heures de la journée, les instruments se sont affolés. À partir de 5h30, une forte augmentation de l’amplitude du trémor est observée, traduisant "une intensification de la circulation magmatique et du dégazage à faible profondeur". Pourtant, dans un premier temps, aucune émission de lave n’est visible. Tout semble indiquer une agitation confinée en profondeur.
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Le survol effectué dans la matinée ne révèle d’ailleurs aucune activité en surface. Les scientifiques rentrent bredouilles. Mais c'était sans compter les facéties du volcan.
C’est finalement en début d’après-midi que la situation évolue. Le dégazage, resté faible mais persistant depuis l’arrêt de l’éruption le 3 avril, augmente nettement. L’éruption reprend et devient cette fois observable. "Dans le cône éruptif formé lors de l’éruption du 13 février sur le flanc est-sud-est du Piton de la Fournaise, un lac de lave bas est de retour", précise Aline Peltier, directrice de l'observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF).
Un système encore alimenté en profondeur
Comme lors de l’épisode du samedi 28 mars, la situation pourrait évoluer rapidement. "Il se peut que les tunnels soient réactivés dès ce soir", alerte la directrice de l’Observatoire volcanologique. "Tout est connecté", rappelle-t-elle. La lave pourrait ainsi reprendre rapidement son chemin vers les Grandes Pentes.
Pour rappel, l’accès à l’enclos et aux coulées, même figées, sur et aux alentours de la RN2, reste interdit par arrêté préfectoral pour des raisons de sécurité.
Reste désormais à savoir combien de temps durera cette nouvelle phase éruptive. "Le réservoir magmatique superficiel situé à 2 km sous le sommet se fait réalimenter depuis novembre 2025 par un réservoir plus profond d’une trentaine de kilomètres", explique la directrice de l'OVPF.
La "plomberie magmatique" du Piton de la Fournaise conserve encore en effet une part de mystère.
Cette nouvelle phase se caractérise par "une reprise lente, marquée par un trémor résiduel et un dégazage persistant". Le Piton de la Fournaise n’a, visiblement, pas encore dit son dernier mot.


