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La direction de l'école d'ingénieurs ESIROI refait parler d'elle

Zinfos a déjà consacré deux articles à l'ESIROI (Ecole d'ingénieurs de l'université de La Réunion). Le premier, en février 2013, ce n'est pas hier, évoquait déjà l'ambiance détestable qui y régnait, au point que ses deux présidents, Jean-François Moser et Danièle Lenormand, avaient démissionné à un an d'intervalle pour dénoncer le management toxique du directeur Khalid Addi, un protégé du président de l'université de l'époque, Mohamed Rochdi. Le 30 mai 2020, nous revenions à la charge pour rendre compte d'une grève déclenchée par onze agents, une nouvelle fois pour protester contre le management du nouveau directeur, François Garde. On aurait pu espérer que les choses se seraient calmées. Il n'en est rien.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le vendredi 20 octobre 2023 à 15H16

Les faits de harcèlement et de pressions de la part du directeur sur le personnel continuent à l'ESIROI. À croire que c'est une habitude maison. Mais avant de vous détailler la situation actuelle, faisons un bref retour en arrière pour comprendre d'où l'on vient.

Créée en 2008, l'Ecole d'ingénieurs de l'université de La Réunion est née dès l'origine sous une mauvaise étoile. Si tout allait à peu près bien durant la première année, les choses se sont vite dégradées. Son premier directeur, Khalid Addi, fort de sa proximité avec le président de l'université de l'époque Mohamed Rochdi, avait dès le départ fait régner une atmosphère toxique à l'intérieur des locaux.

Pour ce faire, il s'appuyait sur deux acolytes, François Garde et Fabienne Remize. Un trio malfaisant, au point qu'on les appelait "l'hydre à trois têtes". Après plusieurs plaintes pour harcèlement et la démission à dix mois d'intervalle de deux présidents, Jean-François Moser et Danièle Lenormand, la présidence de l'université est obligée d'intervenir et débarque Khalid Addi, qui reste malgré tout dans la place, et le remplace par un administrateur provisoire, François Garde, un de ceux qui étaient visés par les plaintes !

Lequel administrateur provisoire devient vite directeur en titre.

Pas étonnant avec ce jeu de chaises musicales que les pressions continuent sur le personnel. D'autant que Khalid Addi continue à tirer les ficelles en coulisses et bénéficie nous dit-on d'une véritable influence sur le nouveau directeur. "Toute ressemblance avec des faits -et notamment sur ce qui se passe entre Frédéric Miranville- et des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d'une pure coïncidence", comme on dit au cinéma.

D'autant qu'on retrouve le même fonctionnement que sous Miranville, et Mohamed Rochdi avant lui. Si le personnel d'une façon générale est victime de ce système, les contractuels sont les plus visés. La règle est simple : ou tu es avec moi et tu te plies à toutes mes volontés, ou ton contrat n'est pas renouvelé et tu dégages.

Les agents de l'ESIROI et de la bibliothèque universitaire en ont tellement marre qu'ils se mettent en grève en septembre 2019. Si l'équipe a changé, disent-ils, "l'ancienne équipe de direction continue à entraver la bonne marche de l'école".

Finalement, Fabienne Remize est mutée à Montpellier et "l'hydre à trois têtes" se transforme en duo. Sans que les pressions ne diminuent pour autant. Au contraire, serait-on tenté de dire.

Une fois nommé, François Garde va s'attacher à asseoir son pouvoir. Pour ce faire, il peut s'appuyer sur sa compagne, Fabiola, la responsable des ressources humaines. Ça aide quand on veut virer du personnel...

Mais ce n'est pas suffisant. Un dernier bastion résiste à son pouvoir. Tout le monde se félicite de la qualité de travail de Valérie, la responsable de la gestion financière. Mais Valérie avait un talon d'Achille : elle était contractuelle. Malgré les promesses qui lui ont été faites et sans en discuter avec les autres membres de l'équipe, François Garde ne renouvelle pas son contrat. Et la remplace par Lynda... la demi-sœur de sa compagne.

Devant ce véritable fait du prince, l'équipe est traumatisée.

Mais la boucle est bouclée. Dorénavant, le duo François Garde / Khalid Addi contrôle tout et plus rien ne peut s'opposer à son pouvoir.

Si Khalid Addi était protégé par Mohamed Rochdi, le duo Garde/Addi a largement profité de la bienveillance de Frédéric Miranville. On voit d'ailleurs mal comment il aurait pu les désavouer, le duo ne faisant que reproduire, à une moindre échelle, le système qu'il a lui même mis en place à l'université. Il y avait une véritable connivence avec Frédéric Miranville : tous deux venaient de l'IUT du bâtiment et de la filière du génie civil.

Le personnel vit aujourd'hui dans une véritable souffrance. François Garde, dont ce n'est pourtant pas le rôle, se mêle de tout, jusque dans les trois filières de l'école : l'agro-alimentaire, l'informatique et le bâtiment.

Frédéric Miranville n'est officiellement plus président, même si la page officielle de l'université l'annonce encore à ce poste. Il sera intéressant de voir si Dominique Moreau se décide enfin à mettre de l'ordre dans le foutoir qu'est devenue cette école qui mérite bien mieux que son équipe de dirigeants actuels.

 

 

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