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« La croisière s’amuse… à La Réunion »

Communiqué concernant la visite du secrétaire d’État à la mer signé par 4 élus en charge des pratiques nautiques au sein de 4 communes du littoral ouest.

Ecrit par N.P – le jeudi 24 novembre 2022 à 11H06

Le communiqué :

Le secrétaire d’État à la mer du 2ème gouvernement Macron est en visite à la Réunion. La légèreté de son programme semble sortir tout droit d’un site parodique, avec par exemple au menu une « visite du phare de Sainte Suzanne »… et pourquoi pas tant qu’à faire une sortie en pédalo dans le lagon ? Par-delà la fierté d’un phare patrimonial, nos autorités locales réussissent l’exploit de programmer la visite du « ministre » de la mer sans que soit évoquée ne serait-ce qu’un instant notre situation incroyable de 10 années d’interdiction « provisoire » d’accéder à l’océan !

Et bien sûr, une « rencontre avec des élus locaux » (qu’on imagine triés sur le volet) est prévue. Une séquence aux allures folkloriques vu la faible implication des politiques réunionnais sur les problématiques liées à l’océan, au point de se demander s’ils habitent bien sur une île. Nul doute que sans le moindre scrupule, ils ne manqueront pas de s’auto-congratuler sur les grands projets d’extensions portuaires à base de béton, conduisant à multiplier dans nos eaux territoriales des navires en ferraille avec leur consommation astronomique de pétrole. Une hypocrisie monumentale quand on sait que l’écologie et le développement durable sont désormais soi-disant au cœur de tous les projets, et notamment de l’économie bleue. En parallèle, cela fait 10 années que les activités nautiques sont interdites à La Réunion, alors même qu’elles sont plébiscitées au sein de l’économie bleue en France et dans le monde du fait de leur nature hautement écologique : elles utilisent uniquement la force motrice des vagues, une énergie infinie et 100 % naturelle.

Oui direz-vous, « mais il y a eu une compétition de surf récemment ». Effectivement, l’organisation réussie de cette épreuve conduit à renforcer dans l’opinion l’illusion « que tout va bien », d’autant que tout le monde constate un retour massif des pratiquants à l’eau. Qu’importe si en quasi-totalité, face à la médiocrité de l’offre sécurisée, ils n’ont pas d’autres choix que de braver l’interdiction sous les yeux même d’autorités complaisantes. La réalité c’est que par-delà les bonnes volontés, strictement aucune évolution n’est envisagée au lendemain de cet événement : l’État depuis 10 ans n’est pas là pour régler le problème mais bien juste le gérer à coup de millions. Pour preuve, aucun des points déterminants (gratuits) dans une perspective de sortie de crise, éléments défendus depuis 2011 par les acteurs du terrain, n’est au menu d’un séminaire organisé ce vendredi 25 novembre par le Centre Sécurité Requin (CSR). Nous y sommes invités en qualité d’administrateurs, mais le débat ne pourra porter que sur des thèmes imposés, alors même que nous n’avons pas eu la moindre réunion depuis un an. Nous sommes donc conviés à débattre de points choisis « pour nous »… mais sans nous ! Cela donne une idée des dérives autocratiques que nous subissons au sein de cette structure.

Ce n’est pas sans raison que très récemment, mardi 22 novembre 2022, les membres du conseil d’administration du CSR ont tous été destinataires de révélations édifiantes sur la façon dont seraient traités, au sein de cette structure, la chargée de communication et un biologiste historique de la politique préventive. Tous deux sont en arrêt de travail depuis un an déjà, avec un lourd dossier constitué, pour des faits qui, s’ils sont prouvés, s’avéreraient scandaleux et répréhensibles. Mais le comble, c’est qu’après de multiples démarches auprès des services de médecine mais aussi du préfet et de la sous-préfète de Saint-Paul (présidente du CSR) pour faire reconnaître leurs souffrances, ils viendraient d’obtenir pour seule réponse la promesse de mesures disciplinaires et judiciaires.

Cette affaire illustre parfaitement les eaux troubles dans lesquelles pataugent les autorités depuis 10 ans s’agissant du risque requin. Plutôt que de profiter de l’accalmie sans précédent que nous connaissons actuellement, à savoir trois années sans aucune attaque, pour inscrire enfin cette problématique dans une perspective de résolution durable, nos institutions frileuses continuent de « jouer au requin » à base de politiques publiques poussives, où l’efficacité n’aura jamais été une priorité.

Aujourd’hui, bien au-delà des apparences et des effets d’annonce, tous les voyants sont au rouge s’agissant de l’accès à l’océan, mais cela n’empêchera pas le secrétaire d’État à la mer de se pavaner sur la seule île au monde où la mer est interdite, sans aborder le sujet, comme si de rien n’était…

Jean François Nativel, Conseiller départemental 19e canton (zone littorale de Saint-Paul)
Mylène Véminardi, élue commune de Saint-Leu, en charge des activités nautiques
Jorris Maurin, élu commune de Trois-Bassins, en charge des activités nautiques
Eric Pinault, élu commune de l’Etang-Salé, en charge des activités nautiques

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