La Conférence Péi interpelle le gouvernement avant le CIOM : "La Réunion est prête à assumer ses responsabilités"

Réunie à Saint-Benoît le 2 juillet, la Conférence Péi a formulé une série de propositions concrètes pour peser dans les débats du prochain Comité interministériel des Outre-mer (CIOM).
La Conférence Péi, qui rassemble une centaine d’acteurs politiques (PS-EELV-PCR-Banian-Ansanm-Place Publique), associatifs, syndicaux et citoyens, a formulé une contribution en amont du Comité interministériel des Outre-mer (CIOM) prévu le 10 juillet. Cette initiative marque une volonté de faire entendre la voix des territoires ultramarins, souvent écartés des discussions menées à Paris.
Une méthode jugée trop verticale
Dans leur texte, les organisateurs regrettent une méthode "verticale" du gouvernement, qui "missionne les préfets" pour proposer des solutions sans réelle concertation locale. Ils demandent l’organisation d’une Conférence Territoriale d’Action Publique incluant les acteurs associatifs et citoyens de La Réunion, afin de préparer efficacement les futurs rendez-vous institutionnels.
La contribution insiste sur trois axes majeurs : la vie chère et les inégalités économiques, les enjeux de sécurité, et la coopération avec Mayotte.
Sur le volet économique, la Conférence Péi pointe les injustices structurelles qui entretiennent la vie chère : monopoles, marges opaques, dépendance aux importations. Elle appelle à plus de transparence sur les prix, à la limitation des parts de marché de la grande distribution, au soutien aux circuits courts, ainsi qu’à une refonte de la politique salariale pour mieux rémunérer les travailleurs du privé tout en encourageant la création d’emplois durables dans les filières stratégiques.
Violences, précarité : l’alerte est donnée
Concernant la sécurité, les signataires tirent la sonnette d’alarme face à l’augmentation des violences urbaines et au développement du narcotrafic. Ils lient directement ces phénomènes à la pauvreté, à la déscolarisation et à la précarité sociale. Ils proposent un renforcement des dispositifs de médiation, une meilleure coordination entre institutions, et une action forte contre le trafic de drogues, combinant prévention, accompagnement et répression.
La lutte contre les violences intrafamiliales est également jugée prioritaire, avec un appel à généraliser les dispositifs d’aide aux victimes comme le Pack Nouveau Départ, et à renforcer les actions éducatives et judiciaires dès les premiers signaux.
Mayotte : attention au transfert des fragilités
Enfin, sur le dossier Mayotte, la Conférence Péi propose un partenariat équilibré entre les deux territoires, basé sur la coopération dans des domaines clés comme l’habitat, la gestion des risques, la santé et l’éducation. Elle appelle à un renforcement des échanges institutionnels et humains, tout en alertant contre les risques de transfert des fragilités mahoraises vers La Réunion.
"L’avenir de La Réunion ne peut se construire sans une transformation profonde de son modèle de développement", conclut la Conférence Péi. Elle appelle l’État à une co-construction sincère des politiques publiques ultramarines, fondée sur l’équité, la responsabilité et la durabilité.


