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La Cirest retoque le PLU de Saint-André

Ecrit par P.M. – le vendredi 3 octobre 2025 à 11H05
C'est demain à 14h que doit avoir lieu l'élection du nouveau président de la Cirest.

Le projet de Plan local d’urbanisme (PLU), arrêté par la commune de Saint-André en juillet, n’a pas convaincu la Cirest. L’intercommunalité a rendu un avis défavorable, pointant notamment un problème « d’adéquation » avec la ressource en eau. La Région a, elle, rendu un avis favorable avec réserves. Celui de l’État est encore attendu.

Pas le genre de courrier enclin à réchauffer les relations entre Saint-André et la Cirest !

Chose rare au sein d’une intercommunalité, la Cirest a rendu un avis négatif et infligé une critique sévère au PLU porté par la mairie de Saint-André.
Dans un courrier daté du 1er septembre, la Cirest a informé la commune qu’elle rendait un avis défavorable au projet de PLU de la ville, dont la révision a été engagée en juin 2022 par la municipalité.

Arrêté une première fois en décembre 2024, le projet a de nouveau été révisé à la suite de réserves émises par l’État, notamment sur la période de référence et le phasage de certaines zones.

Revu et corrigé, le projet a été arrêté lors du conseil municipal du 2 juillet dernier, puis transmis pour avis aux Personnes Publiques Associées (PPA) : préfecture, Région, Département, CCI, Chambre d’agriculture, Parc national, Cinor, Cirest, communes… Si la CCI a donné un avis favorable, la Région également, mais avec des réserves, la Cirest dit de nouveau non (elle avait déjà rendu un avis défavorable sur le premier projet).

Eau et réseaux au cœur des critiques

L’EPCI pointe notamment la question de la ressource en eau : « Le projet de PLU tel qu’arrêté ne démontre pas de manière poussée l’adéquation entre les ambitions du projet d’aménagement de la commune et la disponibilité de la ressource en eau pour répondre à ce besoin ».

Pour la Cirest, le projet n’apporte « aucune analyse avancée de l’adéquation entre la ressource en eau disponible et le besoin en eau pour recouvrir l’ensemble des usages, à la fois en situation actuelle et en situation future, du projet de développement de la commune ».

Pas mieux concernant les réseaux d’adduction en eau potable et d’eaux usées : « Il n’y a pas d’analyse détaillée de la capacité des réseaux à desservir les nouveaux aménagements projetés, notamment au regard des réseaux d’adduction en eau potable et d’eaux usées, afin de justifier d’une part du maintien de certaines zones à urbaniser et d’autre part de l’ouverture à l’urbanisation de nouvelles zones ».

La zone d’activités de la Cressonnière en question

La Cirest s’interroge également sur la prise en compte du potentiel agronomique des sols et de la présence d’irrigation, afin de justifier le reclassement de certaines zones agricoles en zones à urbaniser.

Elle critique en outre la réduction de la zone d’activités de la Cressonnière : alors qu’elle avait acquis du foncier via l’EPFR, la surface dédiée à l’économie est ramenée à la seule emprise déjà achetée. « Le nouveau zonage crée deux secteurs économiques discontinus, séparés par de l’habitat, ce qui remet en cause la cohérence d’ensemble et interroge sur le type d’activités réellement prévues par la commune », juge l’EPCI.

Autre grief : la Cirest demande un changement de zonage pour permettre l’implantation d’un site de transit pour déchets verts en cas de nouvelle crise provoquée par un cyclone. Une parcelle d’un hectare avait été identifiée dans ce but à la Cressonnière, « mais celle-ci reste classée en zone naturelle non constructible dans le PLU arrêté ».

« Il n’y a rien de politique dans cette décision, c’est une décision objective et technique, les conditions d’aménagement ne sont pas réunies dans certains secteurs », commente un cadre de l’EPCI. Un avis négatif qui reste consultatif et n’empêche pas la suite de la procédure, à savoir l’ouverture de l’enquête publique, mais qui viendra alimenter celui de l’État.

L'avis n'est pas enclin à réchauffer les relations entre Joé Bédier et Patrice Selly, déjà plus que froides.

« La preuve de leurs propres lacunes »

Pas vraiment l’avis du maire de Saint-André : « La Cirest ne peut pas être positive pour Saint-André, c’est tout. Mon combat je le mène pour le territoire de l’Est et notamment sur le développement économique. Jusqu’à quand on va vivre avec 30 % de chômeurs ? Pour engraisser les élus ? », a commenté sèchement Joé Bédier, interrogé sur le sujet jeudi soir avant le début du conseil.

Son cabinet renvoie, lui, la balle vers la Cirest : « Dans leur avis ils font la preuve de leurs propres lacunes. Qui a la délégation de l’eau potable et de l’assainissement dans l’Est ? Leur avis devrait être plus motivé par les projets structurants qu’ils devraient porter. Dans leur avis, ils n’en font aucunement mention ».

Sur la zone d’activité de la Cressonnière, la maire ajoute : « Le sujet est simple, on est à l’arrière d’habitations et toutes les entreprises nous disent que traverser une zone habitée ce n’est pas possible. Même chose pour le stockage temporaire de déchets verts après Garance : tout de suite, des gens sont venus manifester ».

Les ambitions de la mairie

Pour rappel, la révision du PLU de Saint-André prévoit la création de sept pôles de développement : industriel à Bois-Rouge, touristique et universitaire au Colosse, touristique et patrimonial à Valliamé, artisanal à Ravine Creuse, commercial à Lefaguyès et au centre-ville, et agroalimentaire à Ravine Creuse. Sur le plan de l’habitat, environ 200 logements (collectifs et individuels) doivent être réalisés afin d’accompagner une croissance démographique modérée et les besoins en équipements. En matière agricole, la commune affiche un objectif de reconquête et de préservation des terres.

Le maire Joé Bédier a déclaré que cette révision « vise à doter la commune d’un projet stratégique de développement compatible avec la loi Climat et Résilience, et à faire de Saint-André une ville résiliente, accueillante et attractive, tout en limitant la consommation d’espaces naturels et agricoles et en renforçant la formation, l’économie et le tourisme ».

Pour l’heure, l’avis de la préfecture n’est pas encore connu.

Etiquettes : Cirest | Saint-André

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