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La CDPE-FCPE 974 : "Education, laïcité et solidarité"

Ecrit par zinfos974 – le lundi 11 avril 2011 à 09H52

Le CDPE-FCPE 974 apporte son soutien aux personnels de l’Education nationale, victimes des mesures des suppressions de postes et dénonce vivement la baisse des moyens humains qui mettent en péril, contribuent à la paupérisation de l’école de la République et dégradent l’apprentissage de nos enfants. L’heure est à restriction budgétaire au détriment de l’avenir de nos jeunes citoyens alors que d’autres pays investissent sur leurs jeunesses, gage de compétence et de compétitivité futures.

En plein développement du numérique, des outils de communication, des réseaux sociaux, de la vulgarisation des outils informatiques et de l’Internet dans les foyers, le CDPE- FCPE 974 constate que nos enfants ne savent plus lire, écrire et compter.

Les tests d’évaluations du primaire, nous le démontrent une fois de plus cette année. L’échec en faculté s’installe à l’Université de La Réunion alors que le taux de réussite au baccalauréat à la session de 2010 était supérieur au taux national.

Le nombre d’illettrés n’a pas bougé depuis 20 ans et l’école en produit encore en moyenne, chaque année, 3 000 jeunes en fin de scolarité, recensés lors des journées d’appel à la défense. L’illettrisme a encore de beaux jours à vivre et à se rassasier.

Des chartes peuvent encore être signés, véritables leurres et mannes financières. Les objectifs fixés au départ, ne sont pas atteints et les bilans se font encore désirer à ce jour. Les Plans d’Orientations Stratégiques successifs n’ont pas été respectés. Pour la dernière charte signée, il n’y en a pas eu d’élaborer. Cela a été qu’une opération médiatique de plus au vu d’une énième séminaire et d’une commande institutionnelle. A qui profite réellement le crime ?

L’heure avant tout est de savoir si les familles peuvent joindre des deux bouts, celles qui vivent au jour le jour afin d’assurer un minimum alimentaire et d’éducation à leurs enfants ; pour qu’ils ne deviennent pas violents ou stigmatisés à l’école du fait d’appartenir à un quartier ou à des communautés montrées du doigt.

On veut bien entendre le discours de démission des parents, des élèves violents mais le système éducatif, règle t-il véritablement les problèmes internes, donne t-il vraiment un espoir aux élèves qui la fréquentent et pour quelles perspectives ?

Prend t-il en compte réellement les difficultés de nos jeunes et de notre département (langues maternelles, zone géographique, supports et outils pédagogiques adaptés à notre environnement) et met-il en place véritablement les moyens?

L’école a-t-elle encore les moyens d’assurer sa mission essentielle ? Ou bien fait –elle diversion avec un écran de fumée par le saupoudrage de moyens accessoires qui ne profitent pas aux élèves qui en ont le plus besoin et divisent les équipes éducatives ?

Pendant son cursus scolaire, un élève a perdu pas moins d’une année d’enseignement au primaire et une autre en secondaire. Le nombre d’heures consacrées aux matières fondamentales a été réduit de manière significative par ajout d’autres matières.

Que faut-il penser de l’école de Jules Ferry, du siècle et des philosophes des lumières et des maîtres d’apprentissage et de transmission de savoirs qui ont permis d’acquérir une qualification, de consolider ce vivre ensemble, les valeurs citoyennes de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité et de solidarité. Valeurs qui sont bafouées et remise en cause, aujourd’hui, dont la finalité est de satisfaire d’autres enjeux et de montrer des individus, les uns contre les autres.

Que faut-il penser des interventions et des actions de Victor Scholcher, humaniste fervent défenseur d'une république démocratique et sociale, luttant contre l'analphabétisme, pour l'instruction publique laïque et gratuite et l'égalité entre les hommes et les femmes, d’Auguste BRUNET, d’Auguste Lacaussade, de Leconte de Lisle, de Raymond Vergès, de Léon De Lepervanche et bien d’autres personnages illustres de La Réunion qui ont permis à notre île colonisée à accéder à l’abolition de l’esclavage, à la départementalisation, à l’école et à la qualification de nos enfants. Alors que certains responsables ont encouragé et encouragent encore aujourd’hui à l’assistanat et profitent de la misère humaine à d’autres fins….

Faut-il se garder en mémoire le combat mené par l’esclave Furcy, assignant son maître en justice en 1817 pour réclamer sa nature et son statut d’homme libre pendant plus de 30 ans.
La Réunion, aujourd’hui est citée comme modèle d’intégration dans le débat sur la laïcité. Non longtemps de cela, nos ancêtres (n’étaient pas tous des gaulois) portaient encore les fers de l’esclavage et étaient des travailleurs engagées dans les plantations. L’abolition de l’esclavage promulguée ne s’est pas faite de manière immédiate.

La France, à des périodes de l’histoire était le berceau de l’immigration faute de main d’œuvre après les guerres successives. Les immigrés sont aujourd’hui une source de main d’œuvre non négligeable que le patronat reconnaît indispensable sans pour autant être responsable du chômage. Bien souvent, ces personnes occupent des emplois à des tâches d’exécution, payées à des salaires avoisinant de Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance.

Faut-il se rappeler de la France, pays des Droits de l’Homme, du symbolisme des trois couleurs du drapeau français et des valeurs de la République Citoyenne : liberté, égalité et fraternité sans oublier la laïcité.

La citation de Victor Hugo : "Quand on ouvre une école on ferme une prison", résume l’importance qu’on se doit apporter à l’Education nationale pour nos enfants. Marie- Jean Antoine de Concorcet, grand défenseur de la laïcité, nous éclaire et nous livre une leçon sur le vivre ensemble : "Qu’importe que tout soit bien, pourvu que nous fassions en sorte que tout soit mieux qu’il n’était avant nous". Et Aimé Césaire, nous disait, il y a pas longtemps de cela : "Je n’irai pas danser au carnaval des autres".

 

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