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Karine Lebon critique la hausse des jours de carence pour les fonctionnaires

Lors de la séance de Questions au gouvernement de ce mardi, la députée de La Réunion Karine Lebon a dénoncé vigoureusement la proposition gouvernementale d’augmenter les jours de carence pour les fonctionnaires à trois jours en cas d’arrêt maladie. Interpellant le ministre de la Fonction publique Guillaume Kasbarian, elle a accusé cette mesure de porter atteinte à la dignité des agents publics et d’être le symbole d’une "stigmatisation acharnée" à leur égard.
Ecrit par S.I. – le mercredi 30 octobre 2024 à 12H25

"Monsieur le ministre, en ce moment même, à deux pas de notre hémicycle, des centaines de défenseurs du service public manifestent la colère de tout un pays, stupéfait par vos annonces désastreuses", a lancé la députée, qui qualifie Guillaume Kasbarian de "ministre de la dysfonction publique". Pour elle, imposer trois jours non rémunérés aux fonctionnaires en cas d'arrêt maladie équivaut à les pénaliser financièrement tout en contribuant à affaiblir le système de protection sociale.

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Karine Lebon a évoqué un possible risque sanitaire lié à la mesure, expliquant que les fonctionnaires, souvent en première ligne dans leurs missions d’accueil du public, pourraient se retrouver forcés à travailler malades, au risque de propager des maladies. "La présence sur son lieu de travail d’un agent malade est un facteur d’épidémie, d’autant plus lorsqu’il est question d’accueillir du public. Les fonctionnaires hospitaliers, toujours en première ligne, pourront en témoigner", a-t-elle ajouté.

Évoquant également une inégalité de traitement par rapport au secteur privé, elle a rappelé que "70 % des entreprises financent les jours de carence de leurs salariés" et qu’aucune mesure compensatoire n’est prévue pour les fonctionnaires. Elle a conclu en déplorant que le gouvernement préfère "insulter" les agents publics plutôt que de les aider à exercer leur métier dans de bonnes conditions : "plutôt que de vous attaquer aux causes qui engendrent les absences, vous faites le choix de fragiliser toujours plus l’état de santé des agents publics et de ceux qui sont à leur contact".

Guillaume Kasbarian défend sa réforme des jours de carence

 

En réponse, le ministre de la Fonction publique Guillaume Kasbarian a affirmé son soutien aux agents publics, tout en défendant la nécessité de cette réforme pour réduire l’absentéisme. Il a rejeté les accusations de mépris envers la fonction publique et a appelé au calme. "Rationalisons un tout petit peu les choses, Madame la députée, et gardons notre calme", a-t-il répondu, précisant que la réforme vise à "améliorer les conditions de travail" et à résoudre un problème réel d’absentéisme.

Le ministre a aussi démenti que la plupart des entreprises privées financent les jours de carence pour leurs salariés. "Ce que vous avancez sur les deux tiers des salariés pris en charge est une "fake news"", a-t-il rétorqué. Il a encouragé la députée à analyser les 650 conventions collectives existantes, affirmant que "non, dans le privé tout n’est pas pris en charge".

Guillaume Kasbarian a rassuré sur le fait que les cas d’affections graves, d’invalidité, ou de maladies de longue durée, ainsi que les situations spécifiques comme la grossesse, resteraient en dehors de la réforme. "En réalité, rien ne changera pour les agents qui sont dans ces situations ; les règles resteront les mêmes", a-t-il affirmé. Selon le ministre, cette réforme vise à instaurer "un peu plus d’égalité" entre le secteur public et le secteur privé sans pénaliser les fonctionnaires dans les situations les plus critiques.

Guillaume Kasbarian a conclu en assurant que les changements proposés sont loin d’être "scandaleux", mais répondent à une "problématique très réelle" pour une meilleure équité entre secteurs.

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