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Jugé pour des faits d’agressions sexuelles sur mineur, il rejette toute la faute sur la victime

Ecrit par Lucas Candessoussens – le jeudi 27 août 2026 à 08H38

Yaël B. était jugé en comparution immédiate pour des faits d’agressions sexuelles sur mineur. Des faits dénoncés par la mère de la victime, alors que le jeune homme crie au complot.

Pour comprendre cette histoire, il faut s’attarder sur la situation de Yaël B. Après une tentative de s’installer dans l’Hexagone qui échoue, le jeune homme revient à La Réunion pour s’installer chez son oncle.

Mais la cohabitation se passe mal et Yaël B. se retrouve à la porte. Alors, il est contraint de passer plusieurs nuits à la rue. Toutefois, Alice* lui tend la main. Elle invite Yaël B., qu’elle semble apprécier, à loger chez elle.

En mai dernier, Alice pousse les portes du commissariat de Saint-André, en compagnie de sa fille et de… Yaël B. Elle dépose plainte à son encontre pour une agression sexuelle contre sa fille.

Confession d’une enfant

La fille d’Alice confie à sa cousine le comportement qu’a eu Yaël B., hébergé d’avril à la fin du mois de mai. Elle raconte qu’un soir, après avoir regardé un film avec les autres membres de la famille dans le salon, elle a rejoint sa chambre pour dormir. L’homme serait alors rentré à son tour.

C’est alors qu’il se serait déshabillé, avant de se plaquer contre elle en lui caressant les parties intimes. À ce moment-là, le jeune homme lui aurait intimé de se taire, posant sa main sur sa bouche et la menaçant.

Il est important de préciser que la jeune fille ne parle pas d’agression sexuelle : elle questionne sa cousine et se demande si c’est "quelque chose de normal".

Un comportement qui interroge et un passif

La jeune victime décide finalement de se confier à sa mère, ce qui entraînera le dépôt de plainte. Face aux experts et aux forces de l’ordre, elle ne changera pas de version, restant constante dans ses propos.

Comme elle l’explique à l’audience, c’est à ce moment que la mère de famille fait le lien avec plusieurs comportements étranges. Elle relate que Yaël B. aurait déjà tenté un rapprochement avec l’une de ses filles, son aînée, qui a mis le holà.

Ce n’est qu’au moment de sa plainte qu’Alice découvre que le jeune homme a déjà été condamné dans l’Hexagone pour des faits d’agressions sexuelles sur une mineure de moins de 15 ans. Il est également inscrit au FIJAIS (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes).

Lui évoque un complot

C’est donc dans ce contexte que Yaël B. s’explique à la barre. Le jeune homme dément avec véhémence tous les faits qui lui sont reprochés et raconte une toute autre histoire.

D’après lui, c’est la victime qui l’aurait aguiché et voulait avoir des rapports charnels. Il la dépeint comme une jeune fille débridée, n’hésitant pas à le draguer malgré ses dénégations.

Le jeune homme s’attaque par ailleurs à la mère de famille, qu’il décrit comme "prenant de l’ecstasy" et "frappant ses enfants". D’après lui, Alice aurait monté de toutes pièces cette histoire d’agression sexuelle pour une bonne raison : il ne lui donnait plus d’argent en échange d’un toit et d’une place à table.

"Pas de complot", selon le ministère public

Pour l’accusation, Yaël B. cherche clairement à dénigrer la victime de 13 ans : la procureure déplore qu’il lui attribue des postures sexualisées "qui ne reposent que sur ses déclarations" et tente par ailleurs de dénigrer Alice, qui l’a hébergé à titre gracieux.

Le ministère public martèle que ce n’est pas "un complot" et s’appuie sur les expertises menées : la jeune victime a complètement changé d’attitude après la date des faits et une expertise médicale tend à montrer qu’elle souffre d’un stress post-traumatique.

Par ailleurs, Yaël B. a sciemment caché son passif avec la justice à la mère de famille : lui qui se dit non attiré par les mineurs a pourtant été condamné pour des faits similaires.

La procureure requiert trois ans d’emprisonnement dont un an assorti d’un sursis probatoire et l’obligation de soins.

La défense conteste elle aussi les faits reprochés à son client. Selon l’avocat, les tensions ont émergé le jour où Yaël B. a cessé de verser de l’argent à la mère de famille. Par ailleurs, l’expert psychiatre n’a pas conclu à une dangerosité concernant son client.

Après délibération, le tribunal décide de condamner Yaël B. à une peine de 2 ans d’emprisonnement, dont la moitié assortie d’un sursis probatoire, avec une obligation de soins et une interdiction d’entrer en contact avec la victime.

*prénom d'emprunt

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